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Le 22 juin 1812 se tint à Namur « dans la salle d'assemblée de l'hospice d'Harscamp (écrit désormais sans le « s » final qui ne réapparaîtra que temporairement), la première séance, fondatrice, tenue entre les seuls membres de la « famille », à l'issue de laquelle douze parents du comte d'Harscamp procédèrent à la « reconnaissance réciproque de leur parenté avec ledit feu Comte ».
Selon leurs signatures et l'orthographe inconstante du temps, il s'agissait alors de : « hc [Henry Claude] denamur d'elzée président d'âge, le Cte [Charles L.] de Croix, DD [Désiré de] Romrée, f [Florentin] D'otreppe, [Antoine] Du fontBaré, C [Charles] De Moniot D'hes-troy, Ch. de Bryas, [Philippe] D'arschot (Fig.2), frederic de Ponty, Edouard D'auxy-Launois, Fr. [Frédéric] de Baillet et Ed. d'Auxy ». Ils avaient respectivement 63 ans, 51, 35 (ou 41 ?), 34, 16 (!), 53, 26, 40, 43, 55, 61 et 23 ans, ce qui donne une moyenne d'âge de quarante et un ans et demi..., moyenne encore supérieure à celle des quelque quarante-quatre parents concernés par cette première reconnaissance, laquelle moyenne devait avoisiner les trente-six ans ! Les plus jeunes de ces parents, trois de seize ans, un de quinze, un de quatorze et un de dix (!), en ce compris Antoine de Fontbaré présent en 1812, attendront la majorité requise pour être admis à siéger ou ... ne se présenteront jamais, ce qui fut le cas d'ailleurs de dix-sept au moins des personnes pressenties dont François d'Argenteau (Fig.3)
Un certain nombre de ceux-ci habitaient au loin et ceci explique sans doute cela : Ferdinand de Bryas dans le Pas-de-Calais, les barons de Vieregg en Bavière, les trois frères von Aix (d'Aix de Daussoulx) dans l'« électoral » de Cologne, les frères de Looz dans les départements de la Meuse et de la Lippe, les messieurs de Pesters à Utrecht... Quant au duc de Beaufort Spontin qui aura été successivement grand maréchal de la cour d'Autriche à Bruxelles, chambellan, Conseiller intime de Sa Majesté Impériale, membre des États de Bohême et d'Autriche, gouverneur général des Pays-Bas (1814), président du Conseil privé, grand maréchal du roi Guillaume la et membre de la première chambre des États généraux, il était sans doute déjà bien occupé ! Nous étions sous régime français. C'était l'année 1812 de la désastreuse campagne de Russie. Certains parents nommés à la première séance tel Frédéric d'Otreppe «capitaine au cent douzième Régiment d'infanterie de Ligne» étaient en service ou absents à cette époque (Fig.4) . Des quarante-quatre reconnus, deux bonnes douzaines, peut-être, participèrent aux assemblées ultérieures (9). À titre de comparaison, le collège des collateurs est fort actuellement de près de trente-six mem¬bres, ce qui correspond à une réserve de participants plus ou moins équivalente à celle d'alors. Quant à l'âge, s'il en est aujourd'hui encore à être entrés à vingt ans et quelque, les membres aînés ont à ce jour de nonante à cent ans accomplis !
L'exemple du baron Philippe de Thysebaert, siégeant encore activement après septante-cinq ans d'activité dont vingt-cinq ans de présidence à la Fondation est à ce titre particulièrement remarquable (Fig.5) . Le recrutement de départ s'était fait tant du côté paternel de Pontian, remontant cinq générations d'Harscamp et de Moniot, que du côté maternel sur deux « troncs » : d'Argenteau et d'Arschot. Mais ces deux derniers troncs n'ont représenté que neuf collateurs au cours des âges, contre plus ou moins deux cent trente-quatre côté paternel ! Parmi les personnalités de la première heure ne manquent pas les charges, honneurs et grades acquis ou remplis de leur vivant : chambellans ou pages de l'Empereur ou du roi Guillaume, officiers au service de France ou d'Autriche, membres des États provinciaux ou généraux puis membres du Congrès national, sénateurs, membres de l'État noble ou du Corps équestre -ainsi Pierre-Charles Desmanet (Fig.6) -, auditeurs, lieutenant de louveterie, inspecteur des Eaux et Forêts, sous-préfet de département... et détenteurs d'ordres divers. L'abbé Frédéric de Baillet, chanoine de Saint-Bavon et prévôt du chapitre de Saint-Pierre à Louvain, fut aussi président du séminaire de cette ville. Le comte Florimond de Quarré, on le verra, fut mem¬bre du Congrès de 1830 et sénateur (Fig.7) . Quant au comte Charles d'Argenteau d'Ochain, lieutenant de cavalerie sous l'Empire, décoré par Napoléon sur le champ de bataille de Hanau, officier d'ordon¬nance de l'Empereur, lieutenant-colonel d'État-major et adjudant du roi Guillaume, membre de l'ordre équestre du Grand duché de Luxembourg en 1816, il entra dans les ordres, fut sacré archevêque de Tyr (1826), envoyé comme nonce à Munich puis devint doyen du chapitre cathédral de Liège. Il mourut à nonante-deux ans en 1879(Fig.8)! Des onze familles ( soit douze personnes) représentées en 1812, quatre le sont toujours en 2006 ( d'Arschot, Croix, Fontbaré, d'Otreppe) et cinq sont éteintes (d'Auxy, Baillet, Moniot, Namur, Ponty). Les Romrée et les Bryas ne figurent plus. 9. Personnellement : le 12 mars 1815, l'assemblée refuse d'admettre l'avocat Foi-Ion père qui devait représenter le comte « d'argenteau de mercy ». Dès les premières assemblées, il avait été reconnu que l'on ne pouvait admettre aucun représentant ; en conséquence, il avait déjà été refusé d'admettre le représentant du duc de Beaufort (Registre aux délibérations).
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