| La famille d'harscamp |
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François-Pontian, comte d'Harscamp, baron de Bossimé, seigneur de Bierwart, Otreppe, Barse à Hannesche, la Marlière, Lustin, Maillen, Profondeville, Fernelmont, Tongrenelle, Rivière, Rendeux, Montigny-sur-Meuse, Marchin, Wavremont, Lambussart..., baptisé à Namur le 15 mai 1717, est mort à Fernelmont le 12 floréal an II (1er mai 1794). Sans doute ce décès ne serait-il que l'un parmi d'autres d'une longue histoire familiale s'il ne laissait pour veuve celle qu'un détour de l'histoire lui fit rencontrer à Aix-la-Chapelle lorsqu'il avait envi¬ron trente ans, Marie-Isabelle Brunel(le) (1). Il en aurait été de même si les trois enfants qu'ils avaient eus de leur union célébrée en terre hongroise en 1748, n'étaient pas morts là-bas à près de douze, dix et six ans, en 1763 et vers 1765 (2). Mais le départ d'Europe centrale après ces décès, avec l'installation à Fernelmont, le brillant état de fortune familiale de Pontian et l'ouverture d'esprit des conjoints devinrent, du décès de 1794 à celui d'Isabelle le 8 mai 1805, les données majeures des origines d'une fondation remarquable. L'illustration et la fortune des Harscamp trouvent racine déjà dans les origines gueldroises, au XVIe siècle, des premières générations de la famille : dans des courriers qui lui sont adressés par Marie de Hongrie en 1542 et Charles Quint en 1544, Servais d'Harscamp est traité respectivement de « Noble, honoré, bien amé » et « Noble, cher et fidèle ». Son fils Lambert, au XVIe siècle toujours, tint à éloigner ses fils des Provinces Unies qui faisaient sécession d'un Royaume d'Espagne qu'il servait ou avait servi. Deux d'entre eux, Cornelis et Hendrick, s'établirent à Namur. Corneille, l'aîné, et Henri, le cadet, s'y allièrent tous deux. Les interrelations entre les deux branches étaient nombreuses. La première branche s'éteignit après deux générations, et la seconde prit son essor. Marchand-bourgeois de Namur, déjà mentionné tel quel en 1597, Hendrick/Henri s'affaire dans les activités de forge, à Rivière et ailleurs, où on le trouve tout au long du premier quart du XVIIe siècle. Et ce n'est pas par hasard si, veuf sans enfant d'une première épouse, « Hendrick Harscamp » fait un second mariage, quasi professionnel (!) en la personne de Jeanne Moniot, dans le monde des maîtres de forge. Parallèlement, Hendrick, sur sa lancée, devient munitionnaire des troupes espagnoles, ce qui n'était pas non plus sans profit. Les choses ainsi mises en place l'étaient alors pour cinq générations en tout cas... À la deuxième de celles-ci brille son fils Vincent, époux d'Hélène Cosson (3), munitionnaire à son tour, échevin de Namur, receveur général du comté, conseiller et commis des domaines et finances du Roi, qui accroît encore la fortune et la réputation familiales. Des douze enfants de Vincent, le quatrième, Pontian, prend en quelque sorte le relais, après l'assassinat de son frère aîné. Futur baron d'Harscamp, il se marie deux fois : la première avec Ernestine de Marbais, la seconde, veuf, avec Anne-Catherine Hovyne (4). L'aîné de leurs enfants, Charles-François, détenteur à son tour de nombreuses seigneuries et hautes charges publiques, épouse à Dhuy en 1711 Marie-Isabelle d'Argenteau dont il a cinq enfants, comtes et comtesses d'Harscamp en vertu d'une concession dont il n'a pas été retrouvé trace. L'histoire, ici, semble se précipiter en faveur de Pontian junior : son frère aîné, Charles-Antoine, capitaine au service d'Espagne, lieu¬tenant-gouverneur du comté de Namur, se retire du monde en 1745, revêtant l'habit cistercien en Moravie et léguant l'essentiel de ses biens à ses deux frères en vie, le troisième étant mort au combat ; le premier de ceux-ci, Charles-Joseph, capitaine de grenadiers, mourra à la guerre à son tour en 1747, laissant ainsi les rênes de l'histoire d'Harscamp au cadet des cinq enfants, Pontian qui nous occupe. 1.Pontian y aurait pris une ou des chambres au 106, rue Royale, chez le père d'Isabelle, Herman Brunel, perruquier (Françoise JACQUET-LADRIER, Destins de Namuroises [...], et Jacques GODENNE, La famille d'Harscamp [...], p. 17. 2.Lettre de Pontian d'Harscamp à son cousin Alexandre de Groesbeek annonçant le décès de ses deux fils de 10 et 12 ans, à dix jours d'intervalle, du «poison des petites véroles» (Françoise JACQUET-LADRIER, op.cit., pp. 29 à 33). 3. Fille de Poncin, mai'eur de Malmedy et de Jeanne-Henri Potestat. 4. Une déclaration relative à leur descendance est faite le 19 juillet 1770 par Marie-Thérèse d'Harscamp, douairière de Blumenthal, leur petite-fille (A.E. Namur, Fonds Franc Waret, n° 601). Quant à l'ascendance de cette dernière, elle fait l'objet d'une attestation par Jacques-Henri comte d'Harscamp, gouverneur de Dùsseldorf en 1745 (A.E. Namur, idem, n° 743). |
Cécile Douxchamps-Lefèvre