| Évolution du recrutement, tranches d’âge et représentation des branches |
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À considérer les admissions de collateurs, le recrutement paraît s’être fait de façon régulière, au rythme moyen d’un par an : près de cent vingt de 1812 à 1912. Ce recrutement régulier-mis à part un train de huit en première séance de 1872 ! - correspondant une fois encore à la stabilité de l’institution, a concerné le plus souvent, pour la même période de cent ans, des jeunes gens arrivés tout juste à leur vingt et un ans.
Il semble vraiment que bien des candidats aient attendu de pouvoir être admis dès la majorité requise par les clauses de la fondatrice. Une admission est enregistrée à vingt et un ans et trois jours en mai 1906 ! Ils ont été beaucoup plus nombreux que de nos jours à être rentrés si jeunes. L’âge minimal requis pour l’admission en tant que collateur est aujourd’hui encore celui de ces vingt et un ans. De 1912 à 1919 -guerre oblige, la première du moins- le registre aux admissions est muet, les éventuelles demandes introduites avant 1914 étant sans doute restées en souffrance. Parmi celles-ci, celle émanant de plusieurs membres de la famille de Montpellier et qui aura, littéralement, fait couler beaucoup d’encre ! Pas moins de sept pages du registre «aux preuves des parents» sont en effet consacrées à cette affaire qui pouvait faire jurisprudence. Sur base de la fourniture d’une déclaration du Conseil héraldique de Belgique datée du 12 novembre 1912, le baron Charles de Montpellier (branche de Vedrin) avait sollicité son admission en tant que collateur, ainsi que celle de ses fils Alphonse et Adrien et de son petit-fils Jean de Troostembergh. L’acte d’admission de ces trois derniers en séance du 17 novembre 1919 - le premier demandeur étant mort entre-temps le 4 novembre 1914 - comprend un exposé d’ascendance remontant à Toussaint de la Thour et son épouse Anne de Brime qui vivaient au XVIe siècle. Une longue note explicative est annexée, qui avait été établie à l’appui de la demande. Elle l’a visiblement été pour contrer des objections ou rassurer les indécis. Elle s’en remet à l’attestation du Conseil héraldique qui a « force probante ». Elle conclut des pièces jointes que, par deux alliances de la fin du XVIe siècle -les cousines la Thour et Moniot épousant les frères Hendrik et Cornelis d’Harscamp-, les demandeurs sont cousins au 14e, 15e et 16edegré d’une part, et au 16e, 17e et 18edegré d’autre part du comte Pontian ! Dès lors, « le droit d’être admis comme collateur d’Harscamp ne saurait leur être contesté » et « si jusqu’aujourd’hui il ne s’est produit que des demandes émanant des descendants des personnes établies comme collateurs au début de l’institution, il ne s’en suit pas que la liste fixée à cette époque soit limitative et constitue un privilège au profit de ceux seuls qui y ont été portés et de leurs descendants ». En effet, poursuit la note, « les personnes devant être reçues en qualité de collateurs sont, dit le testament de Mme d’Harscamp, les parents mâles de mon très cher époux, en âge de majorité ». Cette note poursuit et argumente encore et encore, concluant que « s’il avait dû en être autrement, la réserve aurait été formulée » et que l’article 15 du règlement, «conçu dans les termes les plus larges, ne saurait être interprété d’une autre façon » et qu’il avait été édicté « afin que, respectant les intentions de la fondatrice, tous les parents de Monsieur d’Harscamp puissent avoir accès à l’administration de la fondation ». Signé par onze personnes dont, semble-t-il, dix collateurs et un des demandeurs, pareil plaidoyer a dû rassurer les plus inquiets ! La suite des ans verra reconnaître bien d’autres représentants de cette famille dont deux futurs présidents et, à partir de 1955, des membres de la branche d’Annevoie. Au titre des autres candidatures, celle de Charles de Cerf, né en 1883 et admis le 16 novembre 1920, mérite également l’attention. L’intéressé pouvait en effet prétendre à la reconnaissance à la suite de son père admis en son temps du fait de sa grand-mère maternelle d’Otreppe. À l’âge de septante-neuf ans, Charles de Cerf présenta et obtint sa démission de collateur le 17 novembre 1962. Il devait alors être admis comme pensionnaire de la propre fondation où il avait été amené à siéger ! Il mourut à Namur, le 1er juillet 1965. C’est là sans doute le seul cas historique de démission au sein de cette assemblée. Curiosité, ils sont deux collateurs à avoir été reconnus deux fois : absence chronique et oubli de la première admission ou réadmission rectificative pour d’apparentes erreurs d’état civil ? Tel est le cas pour le baron Gustave de Woelmont reconnu en novembre 1862 puis en novembre 1868 et pour le baron Raymond de Selys Longchamps reconnu en mai 1912 puis en novembre… 1940 ! Le droit à l’admission, à travers le temps, est toujours passé par la présentation d’extraits d’état civil démontrant que le candidat né à telle date et en tel lieu, peut se rattacher par filiation à un collateur précédent. L’« acte » est transcrit à l’issue d’une séance de l’« Assemblée [générale] des [de messieurs les] parents [de feu monsieur le comte d’Harscamp] » devenue «Assemblée [générale] de la famille d’Harscamps» en 1872, indifféremment avec «Assemblée générale de la Fondation d’Harscamp» dès 1897, pour devenir définitivement «Assemblée de la Famille d’Harscamp » depuis une cinquantaine d’années. Cet acte déclare reconnaître au demandeur «le droit de siéger dans les assemblées des parents du comte Pontian d’Harscamp et d’y exercer les droits qui leur sont réservés » ou autre formule similaire, formule toujours d’application lors des dernières admissions de collateurs en 2004 et ce depuis plus de cent trente ans. Ce droit, c’est normalement aux descendants des précédents qu’il sera octroyé, exception faite, apparemment, le 15 novembre 1831 pour le marquis « Charles De Trazenies De Romrée » -selon la formulation de l’époque- qui n’était Romrée et donc rattachable que par son épouse Raphaëlle de Romrée. Il en avait d’ailleurs été de même pour G.Philippe de Trazegnies, né en 1762, rattaché par son épouse Marie-Madeleine de Maldeghem et reconnu en 1812. Peut-être y avait-il un autre lien de filiation. Dix-huit familles différentes composent actuellement le collège des collateurs : une dizaine d’entre elles sont normalement représentées en séance, soit deux bonnes douzaines de personnes. L’effectif le plus important est composé de descendants du ménage d’Aix-Moniot : il s’agit des branches du Fontbaré, d’Otreppe, de Pitteurs, de Ribaucourt, de Sousberghe, de Theux et de Thysebaert. Puis viennent les descendances Baré-Harscamp aujourd’hui dans les branches de Lhoneux, de Montpellier et de Troostembergh, Groesbeek-Harscamp aujourd’hui d’Andigné et de Croix, Moniot-Harscamp aujourd’hui de Kerchove, Namur-Harscamp aujourd’hui de Bergeyck et de Briey, Spontin-Harscamp aujourd’hui de Trazegnies, et enfin d’Arschot, seule représentation du côté maternel. Par rapport à l’âge, un tiers des membres actuels sont professionnellement actifs. |
Cécile Douxchamps-Lefèvre