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Insertion namuroise Le monument à Isabelle Brunelle Guillaume Geefs (1805-1883), statuaire du roi
Guillaume Geefs (1805-1883), statuaire du roi Imprimer Envoyer
Guillaume Geefs17 voit le jour à Borgerhout le 10 septembre 1805. Fils de boulanger, il manifeste très tôt un intérêt pour la sculpture en réalisant des moules en bois servant à la fabrication des pains d’épices. Vu les prouesses de son fils, le père Geefs accepte d’inscrire son fils, dès 1819, à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers où il a comme professeur Jean-François Van Geel (Malines, 1756 – Anvers, 1830)18. Il y passe dix ans et remporte deux prix19, ce qui lui permet de partir pour Paris et de se perfectionner en suivant les leçons de Jean-Etienne Ramey fils (Paris, 1796-1852) à l’Académie des Beaux-Arts. Après quelques mois, il part en Italie avant de revenir rapidement dans la capitale française. Il participe au Salon de Bruxelles (en 1830 et 1839) avec Un jeune pâtre des premiers temps du christianisme effeuillant des roses sur un tombeau apprécié par la critique20. On y perçoit  une influence de Gilles-Lambert Godecharle (Bruxelles, 1750-1835).
En 1832, revenu à Anvers, il participe à un concours international pour l’érection d’un monument au général Belliard, ministre plénipotentiaire français à Bruxelles qui vient de mourir subitement le 28 janvier 1832. La maquette présentée par G. Geefs, est retenue. Le monument est inauguré six ans plus tard. Cette œuvre constitue véritablement un jalon dans l’histoire de la sculpture du XIXe siècle car c’est le début d’une nouvelle ère. Des hommes en redingote vont maintenant pouvoir partager les piédestaux avec des souverains médiévaux sans que cela ne paraisse incongru. En fait, ces ‘bonshommes’ révèlent non seulement le rôle dévolu à l’individu depuis la Révolution mais aussi la dimension sociale, impartie à la sculpture civique de plein air. Celle-ci affichait le projet commun d’une nouvelle société, supposant pour les individus des chances égales d’ascension, tout en impliquant l’obligation de s’intégrer dans la vie de la Nation. Ainsi, chacun pouvait-il accéder au piédestal, comme il lui appartenait de démontrer son intégration, en participant aux souscriptions21.
Après le décès de G. Geefs, Constantin Meunier (Etterbeek, 1831- Ixelles, 1905) adresse une lettre à son épouse le 26 janvier 1883 dans laquelle il dit : Il avait eu son temps et avait eu son heure méritée de succès. Belliard, dans le genre, est encore ce qu’il y a de beaucoup mieux, en Belgique, sur les places publiques22.
Le réalisme novateur de la statue du général Belliard23 est en phase avec l’évolution des mentalités au cours de ce XIXe siècle. Cela n’empêche pas d’heurter certains rétrogrades comme ce critique qui écrit Le Manneken-Pis sera toujours préférable à la statue bottée du Général Belliard24.
La tendance vers le réalisme opérée par Guillaume Geefs est partagée par Gustave Wappers (Anvers, 1803- Paris, 1875) qui peint dans un atelier voisin à Anvers. La médaille gravée par Adolphe Jouvenel (Lille, 1798- Bruxelles, 1867) en 1835 réunit la double effigie de G. Geefs et G. Wappers, tous deux professeurs à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers25. Ces deux artistes ont décidé de prendre leurs distances par rapport au néoclassicisme.
Trois ans auparavant G. Geefs remporte un concours du Gouvernement en vue de la création d’un monument glorifiant les combattants de 183026 qui ne sera inauguré à la place des Martyrs27 qu’en 1838.
L’année 1832 est décisive pour le sculpteur car il sculpte son premier buste royal. Quatre ans plus tard lorsqu’il réalise le Buste de la reine Louise-Marie, il signe en utilisant le titre de Statuaire du roi.
En 1833, il présente au Salon le plâtre du modèle de la statue de Frédéric de Merode qui témoigne du grand talent de l’artiste. La même année, il devient professeur de sculpture à l’Académie d’Anvers mais démissionne en 1840. Il s’installe à Bruxelles en 1836 et épouse Fanny Corr (1807-1883), d’origine irlandaise. À cette époque, les commandes affluent et le maître décide d’ouvrir son atelier aux élèves28. Il prodigue un enseignement gratuit basé davantage sur la pratique que sur la théorie. Ces élèves29 l’aident aussi à honorer ses nombreuses commandes.
Devenu sculpteur officiel, G. Geefs reste prisonnier de son succès  et développe une certaine appétence pour les honneurs. Cela l’amène à devenir bourgmestre de Schaerbeek de 1852 à 1861 et membre du Conseil provincial de 1853 à 1856. Cette nouvelle activité absorbe beaucoup de son temps tout comme sa situation de sculpteur royal qui entraîne la production en petite série de bustes du roi, de jeunes princes sans parler de bustes de personnages officiels30.
C’est donc tout naturellement que le Gouvernement lui commande, en 1854, la statue en marbre de Léopold Ier pour la salle des séances de la Chambre des Représentants. Une autre commande, de loin la plus importante est celle qui couronne la Colonne du Congrès (1859)31.
G. Geefs est l’auteur de plusieurs monuments importants érigés à divers endroits du pays : Rubens à Anvers (1840), Grétry à Liège (1842), Théodore Verhaegen à Bruxelles (1865), Joseph Lebeau à Huy (1868), Albert Warocqué à Morlanwelz (1868), Isabelle Brunelle à Namur (1872), Jean-Baptiste d’Omalius d’Halloy à Namur (1881). Marguerite Devigne propose une Esquisse d’un classement chronologique de l’œuvre de Geefs dans la notice qu’elle lui consacre dans la Biographie nationale32.
Pour être complet, il convient de préciser que le sculpteur exerce son talent dans différents genres comme en témoigne ce Lion amoureux exposé à Londres en 1851. Il réalise une Chaire de vérité en bois, ornée de statues de marbre pour la cathédrale Saint-Paul de Liège (1845). Il est également l’auteur de la figure assise, en marbre, représentant l’Ange du mal, placée sous cette chaire33. Les monuments funéraires constituent une part importante de son œuvre qu’il ne faut pas négliger. Parmi d’autres, on peut citer la Statue de Frédéric de Mérode conçue en 1833 et placée sur son tombeau dans la collégiale Saint-Michel et Sainte-Gudule à Bruxelles en 1837 ; le Tombeau de la Malibran (Mme de Bériot) au cimetière de Laeken (1842) ; le Monument funéraire avec statue à demi gisante, en marbre, élevé à Guillaume Ier, roi des Pays-Bas (1847), le Cénotaphe de saint Hubert élevé dans l’ancienne abbatiale de Saint-Hubert (1847)34,…
G. Geefs s’est entouré d’apprentis35, d’élèves sa vie durant mais aussi de ses six frères36, tous sculpteurs, pour répondre aux nombreuses commandes qui lui sont adressées.
Nommé membre de la Classe des Beaux-Arts de l’Académie royale, dès sa fondation en 1845, G. Geefs assure la présidence en 1858. Il succède au sculpteur Lorenzo Bartolini (Vernio, 1777- Florence, 1850) à l’Institut de France en 1850.
L’ atelier du sculpteur est offert 5 ans après son décès, par sa famille, aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique37.

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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