Fondation d'Harscamp

 

 

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Fondation d'Harscamp
De 1812 à 2006 La période hollandaise Traité des 16 et 29 mai 1815 avec le duc de Croy
Traité des 16 et 29 mai 1815 avec le duc de Croy Imprimer Envoyer

L’histoire de la Fondation d’Harscamp est parsemée d’événements qui remontent avant le décès d’Isabelle Brunelle et dont la conclusion finale ne se réalise que longtemps après. Le paiement des intérêts et le remboursement de la dette du duc de Croy en est un des exemples.


Depuis 1787, le duc était redevable envers le comte et la comtesse d’Harscamp d’une rente importante au capital de 342.500 florins argent de Liège ou 434.920 francs (plus d’un million et demi d’euros actuels), portant intérêt annuel de 3 ½ % et garantie sur des biens situés à Pesches, Surice et Cerfontaine (cantons de Dinant et de Rocroy, jusqu’en 1814). Cette rente était impayée depuis l’année1795, suite au séquestre dont ces biens avaient été frappés. Le duc avait désigné son second fils Emmanuel de Croy-Solre comme bénéficiaire de la restitution de ses biens. C’est donc lui qui fit à la Dame d’Harscamp et aux autres créanciers de son père des propositions de transaction. Mais rien n’était terminé au décès d’Isabelle Brunelle en mai 1805. Et les intérêts couraient toujours depuis lors …
La solution était en vue lorsque l’empire français s’effondra : ce sera donc au roi Guillaume Ier des Pays-Bas d’entériner par le décret du 26 mars 1816 le traité conclu le 16 et 29 mai 1815 entre l’Assemblée générale de l’hospice d’Harscamp à Namur et le duc Auguste Philippe Louis Emmanuel de Croy, prince du St Empire Romain, Grand d’Espagne de 1ère classe, etc., représenté par l’avocat Wasseige de Namur.


En voici les clauses essentielles.
− Il est fait remise et abandon à Monseigneur le Duc De Croy de tous les arrérages quelconques de la dite rente, sauf de ceux échus en 1795 et 1796, (art.2) Le premier arrérage sera  ajouté au capital dû à l’art.3, tandis que le second sera payé endéans les quatre ans à partir de la rentrée en jouissance de ses biens (art.4).
− Il est encore fait remise et abandon absolu et à toujours à Monseigneur le Duc de Croy d’un tiers du capital … qui ne produira plus que des intérêts calculés dans la même proportion (art.3). La dette est donc réduite de manière substantielle.
− En clair, cela veut dire que le capital réservé à l’hospice d’Harscamp sera de 292.127,92 francs pour être très précis (1.020.000 euros), qu’il donnera un intérêt annuel de 10.224,48 francs (sur pied de 3 ½ %) pouvant être réduit à 8.753,84 francs (3 %) s’il est payé dans les trois mois de l’échéance (art.5).
− L'accord abandonne à l’hospice toutes les indemnités que celui-ci pourrait obtenir du gouvernement français suite aux négociations de paix qui se déroulent en ce moment à Paris (art.7 et 8).
− Le duc de Croy abandonnera en plus à l’ensemble de ses créanciers la moitié des indemnités qu’il pourrait recevoir du gouvernement français, pour tous les biens de sa maison qui ont été vendus (art.10).
− L'exécution du présent traité est néanmoins subordonnée à la récupération des biens non vendus que le duc de Croy possède encore en France et dont il s’engage présentement à demander la levée du séquestre (art.11). Au cas où il n’obtiendrait pas satisfaction, ce traité serait considéré comme nul et non avenu (art.12).


En conclusion, cet accord arrange les parties et préserve l’essentiel : à savoir l’affectation d’un capital important en faveur de l’hospice qu’avait doté la comtesse d’Harscamp. Surtout, la perception d’un intérêt annuel de 8.750 francs (plus de 30.000 €) qui permettra de couvrir les frais d’une trentaine de pensionnaires au minimum (sur base des 300 francs par an prévus dans le testament). Quant au duc de Croy, il se voit effacer une «ardoise» correspondant à 18 ans d’arriérés d’intérêts (1797-1814), ainsi qu’à la remise du tiers du capital de sa créance initiale à l’égard de la Fondation (8).

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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