| Les sœurs hospitalières |
|
|
|
Les 40 premiers bénéficiaires étant entrés le 1er octobre 1812, il devenait urgent de constituer le cadre hospitalier pour soigner des personnes dont l’âge minimum était de soixante ans. MM. de Namur d’Elzée et de Quarré, ayant été mandatés par l’assemblée extraordinaire de juin 1812 pour approcher des religieuses à Paris, font rapport à leurs pairs le 17 novembre suivant, des lettres échangées avec la supérieure des sœurs de Saint Thomas de Villeneuve (6).
L’Assemblée des Parents demande alors à la Commission des hospices civils d’être autorisée à les appeler et suggère un projet de règlement, inspiré par la supérieure et qui devra recevoir l’aval des autorités. Ainsi, la direction et la surveillance de l’hospice seraient confiées aux Dames filles de Saint Thomas, ou à toute autre corporation, sous l’autorité et la surveillance de la Commission et des Parents, dans les limites fixées par le testament. Ces dames auraient la police intérieure de l’établissement et disposeraient de tous les droits et de l’autorité attribués au directeur par le décret du 26 septembre 1811. Dans un premier temps, il y aurait cinq religieuses : la supérieure, deux dames religieuses et deux sœurs converses. La supérieure pourrait nommer les infirmier(e)s, les servantes et autres personnes affectées à divers services ; elle veillerait à la propreté et à l’arrangement de la maison ; elle autoriserait les sorties extraordinaires et disposerait des fonds nécessaires à son activité. Quant aux sœurs converses, elles seraient chargées de la cuisine. Un point toutefois ne reçoit pas l’aval du préfet Pérès : les pouvoirs de nomination attribués à la supérieure. Dans une lettre du 6 février 1813, il fait connaître à l’assemblée qu’il ne peut proposer au gouvernement de déroger au décret impérial (7) du 26 septembre 1811, sauf si la nécessité et les avantages ne sont clairement démontrés dans un mémoire détaillé et circonstancié. L’Assemblée générale des Parents et de la Commission rédige et contresigne alors un mémoire en seize points, dans lequel elle insiste sur les avantages à accorder à des religieuses la direction et l’organisation de l’hospice d’Harscamp. Le 15 novembre 1813, l’Assemblée générale prend connaissance d’une lettre du conseiller d’Etat à Paris, directeur général de la comptabilité des communes et des hospices. Il conditionne l’admission des Dames de St-Thomas à la direction de l’établissement, à la réponse à trois questions concernant − la population actuelle de l’hospice : réponse : 56 hopitaliers, plus un portier, un domestique, une cuisinière et deux servantes ; − l'état des revenus de l’hospice : le revenu net (mais la période de référence n’est pas précisée) est de 14.510 francs et 71 centimes, ce qui divisé par 56, donne 259 francs de revenu net par personne, contre 300 francs par individu prévus par le testament ; mais beaucoup de recettes doivent encore être récupérées et les rentes viagères grèvent fortement le passif de la Fondation ; − le nombre de religieuses nécessaires : cinq comme annoncé. Les réponses ainsi envoyées au préfet et au conseiller d’Etat n’auront pas de suite, à cause de l’effondrement de l’empire français et de l’abdication de Napoléon à Fontainebleau en avril 1814. Le préfet Pérès a déjà cessé ses fonctions depuis le 5 janvier et quitté définitivement Namur le 20 janvier 1814, à l’arrivée des Alliés. L’Assemblée générale du 15 mai 1814 se fait sous la présidence du vicomte de Namur d’Elzée, le maire de Gaiffier étant absent. L’assemblée décide néanmoins de poursuivre les démarches auprès du gouvernement intérimaire pour obtenir son assentiment et recevoir des sœurs hospitalières, quelles qu’elles soient. Une lettre est écrite à cet effet le 17 mai 1814 à l’Intendant chargé de ces questions. Il n’est fait mention d’aucune réponse, ce qui est normal vu l’instabilité politique qui règne jusqu’au 18 juin 1815 … La présence de sœurs hospitalières à Harscamp ne sera plus à l’ordre du jour … avant 1836 ! |
Cécile Douxchamps-Lefèvre