| Les ressources financières de l’hospice dans l’entre-deux-guerres |
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De l’étude des revenus de capitaux au chapitre précédent, on pouvait extraire les tendances suivantes en 1905-1906: les rentrées financières provenant de la location d’immeubles de la fondation représentaient un bon quart du total des recettes de l’hospice d’Harscamp (26,41 %) et les intérêts des rentes à charge des particuliers et de l’Etat ainsi que des fonds placés en banque, plus de la moitié (52,60 %).
Il manque des chiffres précis et de même contenu pour donner la situation à la fin de la période. En plus, la 1ère guerre fausse toutes les comparaisons car nombre de personnes ou de locataires sont en cessation de paiement. Dès avant la guerre, la Commission insiste auprès de l’Assemblée des Parents pour qu’ils nomment des pensionnaires payants afin d’équilibrer le budget. Le tableau qui suit donne l’évolution en chiffres absolus et en pourcentage des diverses recettes, pour la période 1919-1940 (39):
Les chiffres absolus en francs ne sont donnés qu’à titre indicatif et font intervenir, dans les années d’après-guerre, de nombreuses récupérations en recettes extraordinaires. Le commentaire n’est valable que sur le long terme. Les revenus immobiliers (hôtel d’Harscamp, fermes, terres et bois) représentent durant toute la période une part non négligeable, même après la vente des bois de Montigny. Le chiffre de 1919 est sous-évalué suite au non paiement des loyers de l’hôtel. Mais sur la vingtaine d’années, le pourcentage semble se stabiliser autour des 30 %. Il faut savoir aussi, qu’après la reconstruction de l’hôtel, le loyer a été réévalué et tient compte de la participation de la société Horesca dans l’investissement effectué par la Fondation lors des transformations. Les magasins de la rue Emile Cuvelier ont vu leur loyer fortement réajusté lors d’une péréquation triennale dans les années 20. A part l’hôtel et les 4 maisons précitées, la maison de la rue St-Nicolas jouxtant l’église Notre-Dame, seule la ferme de Boin(g) située sur la commune d’Héron fait encore partie du patrimoine de la fondation : elle est louée, y compris durant la seconde guerre mondiale, sans trop de problèmes, moyennant d’importants travaux (40). Les revenus mobiliers ne représentent qu’une part sans cesse diminuant au fil des ans. Marginale en ce qui concerne les dépôts auprès de la Banque Générale, la part des revenus en provenance de créances liées à des garanties hypothécaires tend vers zéro. Une unique créance subsiste à la veille de la guerre. Seuls les emprunts d’Etat rapportent quelques intérêts. En 1936, l’Etat change les règles du jeu et convertit les anciennes valeurs en nouvelles…. moins avantageuses. Pour la Fondation, pour un capital initial de 813.300 francs qui rapportait 43.620 francs d’intérêts, elle reçoit de nouvelles obligations qui ne lui rapporteront plus que 34.767,60 francs, soit une décote de 20,40 % par simple échange à des taux ne dépassant plus 4 % nominal. Reste enfin la part des pensions qui explose littéralement. Dans son rapport du 27 octobre 1939, examinant le compte des fonds perdus versés par des pensionnaires pour leur entretien à vie à l’hospice, M. Ronvaux, membre de la Commission d’Assistance publique suggère à Messieurs les Collateurs de n’admettre au bénéfice de l’Institution que des personnes capables de couvrir, par l’apport d’un capital, le coût de la journée normale d’entretien pendant une période minimum de cinq ans. Même si on est déjà dans la période de drôle de guerre, ce qui n’avait pas été prévu, c’est le conflit de cinq ans qui va laminer les réserves en capital ainsi constituées, par l’explosion du coût de la vie et les événements dramatiques qui rendront exsangues les ressources de la Fondation. |
Cécile Douxchamps-Lefèvre