Fondation d'Harscamp

 

 

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De 1812 à 2006 La période belge de 1919 à 1944 La seconde guerre mondiale (1939-1944)
La seconde guerre mondiale (1939-1944) Imprimer Envoyer
Durant la drôle de guerre (1er septembre 1939 - 9 mai 1940), diverses mesures sont prises pour parer au pire.
En ce qui concerne les pensionnaires : suivant les instructions du gouverneur de la province, si la phase B du plan de mobilisation de l’armée est déclenchée, ils devront être évacués vers les hospices de Tongrinne (10 personnes), Braine-le-Comte (20), Grez-Doiceau (20) et Nivelles (20). A charge pour la sœur directrice d’emmener les vivres de première nécessité facilement transportables (lait condensé, biscuits militaires, chocolat, pains) et quelque argent. Les personnes non indispensables resteront à l’hospice pour veiller au matériel, et entre autres, sur tous les objets d’art et de valeur.
L’administration doit posséder six mois de marchandises non périssables en stock ou via les fermiers qui tiendront à disposition des denrées alimentaires, surtout des pommes de terre. Au niveau de l’établissement, il est convenu de peindre des croix rouges sur les toits, de disposer des récipients d’eau pour éteindre les petits feux et d’acheter des pots de couleur bleue pour occulter les fenêtres. Cet état quasi «sur pied de guerre» est partiellement levé en février 1940, lorsque l’évacuation n’est plus envisagée. Mais le 21 février, la ville de Namur émet quand même le désir d’établir à l’hospice d’Harscamp un abri public contre le danger aérien. La Commission propose une cave sous l’infirmerie. L’entrepreneur Malherbe de Namur chargé du renforcement des voûtes ne peut exécuter le travail avant le 10 mai.
A cette date, l’hospice et l’église Notre-Dame subissent des dégâts aux toitures, vitres et vitraux, suite au bombardement et à l’explosion du pont de France, due à …l’armée belge. La Commission réunie d’urgence fait occulter l’établissement et distribuer des lampes de poche pour parer aux pannes électriques. La sœur directrice reçoit une provision d’argent et ses consœurs des masques anti-gaz – vieille crainte remontant à la grande guerre. Mais il n’est décrété aucune évacuation, peu réalisable au vu de l’exode de population qui encombre toutes les routes. Plusieurs membres du personnel – boulanger, tailleur, chauffeur – ayant quitté leur poste le 12 mai 40 pour le réintégrer après leur exode, se voient privés de salaire pendant leur absence. D’autres sont prisonniers de guerre.
La capitulation signée, les dommages aux bâtiments sont dûment constatés par l’architecte Thomé et estimés à plus de 85.000 francs. Des travaux aux toitures de l’hospice, urgents avant le déclenchement du conflit, le sont encore plus après le 10 mai. Mais vu l’importance du devis, la Commission décide de faire réparer provisoirement : bien lui en prit ! Les abris anti-aériens sont aménagés, sur ordre de l’autorité allemande, dans les caves où la ville pensait les créer quelques semaines plus tôt.
Pour le reste, la vie de la centaine de pensionnaires se déroule comme elle peut, avec les tensions internes entre hospitaliers parfois plus râleurs que d’habitude, comme par exemple, lorsqu’il s’agit de faire respecter le couvre-feu, en coupant l’électricité dès 21 heures. L’espace est partagé, comme le réfectoire et les cuisines : à partir d’octobre 1942, les enfants de la bourgeoisie locale y reçoivent un repas après 16 h.
Les Collateurs et l’administration déploient une activité exceptionnelle vu le contexte. Car l’équilibre budgétaire est difficile à maintenir, au point de ne plus nommer dès 1943 que des pensionnaires qui accepteront une variabilité annuelle de leur pension, fixée à l’entrée à 8.000 francs annuels minimum.  Par ailleurs, le versement d’un capital au départ deviendra l’exception. Car une fois celui-ci épuisé, le déficit se creuse. Exemple : pour l’année 1942, les capitaux abandonnés par les pensionnaires à leur entrée sont épuisés pour 40 pensionnaires ; à raison du coût d’entretien minimum de 8.000 francs par an, cela crée un trou de 320.000 francs dans les comptes annuel. La situation ne fera qu’empirer dans les années qui suivent. Une statistique publiée après la guerre signalait qu’en 1944, la recette moyenne par pensionnaire avait été de 4.561 francs alors que le coût réel représentait 12.300 francs !
Pour tous, la rigueur financière (41) impose des augmentations de pension qu’il n’est pas toujours facile de faire admettre et ceux qui rechignent en prétextant une diminution de leurs ressources personnelles doivent la prouver sur base de leurs déclarations fiscales.

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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