| L’hôtel d’Harscamp et ses dépendances |
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Le 29 décembre 1919, ayant estimé que les travaux demandés par le locataire de l’hôtel d’Harscamp pour le maintenir à la hauteur des critères posés par une clientèle de luxe étaient trop élevés en fonction de la rentabilité attendue, la Commission décide de l’aliéner ainsi que les quatre maisons situées à la rue Emile Cuvelier.
La décision est approuvée par la Députation permanente et l’expertise de MM. Lalière et Cambier fixe la valeur de l’ensemble à 510.000 francs. La vente publique a lieu le 27 mars 1920 et les immeubles sont adjugés 550.000 francs, plus un bénéfice de 20.000 francs sur les frais de vente au profit de l’établissement vendeur. L’acheteur n’est autre que le fils du locataire, M. Schoeffter. La Députation permanente refusera toutefois de valider la vente au prix de 570.000 francs. M. Schoeffter négocie alors avec l’administration et obtient le renouvellement de son bail pour douze ans, à 15.000 francs/an et sous certaines conditions (37). Mais une administration très tatillonne exige alors que l’hôtel d’Harscamp soit remis en location publique. Ce qui est fait le 26 mai 1922. Sur une mise à prix de 15.000 francs, trois amateurs surenchérissent. La Commission adjuge finalement à la société Horesca de Liège, qui avait soumissionné le plus bas à 23.500 francs/an et dont l’ancien locataire devient administrateur. Cette société s’engage à faire des travaux de transformation pour 350.000 francs minimum. L’acte de location est approuvé par la Députation permanente le 1er septembre 1922. Puis, comme la société Horesca projette d’acheter une maison rue de la Cloche jouxtant l’hôtel pour agrandir sa façade, la Commission des hospices négocie avec elle pour l’acheter à sa place (220.000 francs) et lui relouer moyennant un loyer de 5 % du prix décaissé. Les travaux supplémentaires seront également pris en charge par la société. Tout le monde y trouve son compte, y compris l’Assemblée des Parents qui approuve la transaction. Un arrêté royal du 5 mai 1924 autorise toutes ces dispositions qui modifient le patrimoine de la Fondation. C’est devant le notaire Jeanmart de Namur que, le 30 octobre 1924, la Commission réalise l’achat, pour compte de la Fondation d’Harscamp, de cette maison de la rue de la Cloche. Le même jour, l’immeuble est loué à la société Horesca, moyennant un loyer annuel (38) expirant le 1er février 1968. Un arrêté de la Députation permanente du 20 février 1925 scellera définitivement toutes ces transactions notariales. Ainsi le vieil hôtel d’Harscamp dont les bâtiments vétustes mais combien de fois aménagés depuis l’origine, remontaient au moins au XVIIe siècle, subit une cure de jouvence.A sa place s’élève une construction avec une façade de style gothique mosan, qui se veut prestigieuse mais peu dans le style de la ville de Namur. Coût estimatif des travaux : 2,5 millions de francs, dont 250.000 rien que pour la façade qui subsistera jusqu’à la création de la seigneurie d’Harscamp en 1975. Pour en rappeler les origines et le nom, un blason frappé des armes du comte d’Harscamp est reproduit dans la façade. Le chantier est mené avec célérité : la réouverture du nouvel hôtel d’Harscamp est effective dès le mois de mai 1925. Avec la crise des années trente, l’hôtel connaît cependant des difficultés et fermera plusieurs mois durant l’hiver. Le 10 novembre 1932, la Commission de la C.A.P. accorde alors à la société Horesca une remise de loyer de 50 %, entre le 1er novembre et le 30 mars. La même réduction est renouvelée chaque année, de 1933 à mars 1940, sous la condition que l’hôtel reste ouvert toute l’année. A partir du 15 mai 1935, M. Robert Peters de Bruxelles sous-loue l’hôtel à la société Horesca et en assure l’exploitation. Rue Emile Cuvelier subsistent toujours quatre maisons avec rez-de-chaussée commercial, qui ont une existence autonome et sont louées à divers locataires. En décembre 1934, il est cédé à la ville de Namur une emprise de 65 m² sur les remises et le jardin de l’hôtel pour permettre l’aménagement de la rue du Beffroi. Une entrée vers l’hôtel est percée dans la nouvelle rue. |
Cécile Douxchamps-Lefèvre