| Les travaux à l’hospice d’Harscamp |
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Les travaux à l’hospice d’Harscamp Seuls les plus importants seront repris dans ce qui suit. Entre 1868 et 1875 Au procès-verbal de la réunion des collateurs du 15 novembre 1872, on peut lire ces phrases : il ne faut jamais perdre de vue que le but de la comtesse d’Harscamp n’a pas été d’arracher à la misère ceux à qui la Providence avait refusé les faveurs de la fortune, mais bien de rendre autant que possible les avantages de l’aisance à ceux qui l’ayant connue l’ont perdue par suite de revers immérités (24). Et l’Assemblée de souhaiter pouvoir attribuer à chacun des vieillards recueillis dans la Fondation, un logement séparé. Le règlement de 1811 prévoyait déjà l’art. 7 que chaque quartier sera distribué par chambre particulière, pour deux individus admis. Autant dire que c’était loin d’être le cas des occupants, exception faite pour les rares couples qui ont demandé leur admission. Dans le courant de l’année 1868, la Commission relevait plusieurs déficiences dans l’hospice, telles l’insuffisance d’espace des cellules, l’exigüité des chambres des époux, la superficie restreinte, le peu d’air et de lumière des salles (chauffées) où se réunissent les individus, les dispositions déplorables des lieux d’aisance, le tout lié à une surpopulation de l’hospice. Aussi avait-elle d’elle-même soumis des plans et devis directement à la commission des travaux publics en sa séance du 5 août 1868. Tous ces projets furent ajournés suite aux conflits judiciaires avec la famille. A la réunion de mai 1873, la Commission revient avec des propositions de constructions nouvelles à Harscamp, présentées par M. Namèche, selon des plans et devis de l’architecte Blandot à Huy (25). La réédification de l’ensemble des bâtiments coûterait 456.420 francs et la reconstruction de la partie face à la Meuse : 198.000 francs. Total : quelque 650.000 francs ou 2.275.000 euros (entre 90 et 100 millions de francs belges !). L’assemblée réserve toutefois une provision de 200.000 francs (700.000 euros). Trois questions sont posées à l’assemblée générale : − L'état des locaux de l’hospice d’Harscamp exige-t-il des modifications importantes pour satisfaire aux lois de l’hygiène ? Onze réponses affirmatives et quatre abstentions − La reconstruction aura-t-elle lieu simultanément sur toutes les parties de l’établissement, d’après un plan d’ensemble qui sera adopté ? Quinze oui et une abstention − Les reconstructions à faire partiellement devront-elles avoir lieu en concordance avec un plan d’ensemble ? Quinze oui et un non Une commission mixte se réunit les 8 juillet et 23 août 1873 pour analyser les projets, alors que la situation financière de l’établissement s’avère moins brillante, suite au renchérissement du coût des fournitures alimentaires. La prudence impose alors de n’entreprendre que les travaux d’amélioration que la Commission suggère de faire suivant trois lots : − l'aménagement des latrines, car c'est plus qu'urgent ; − au-dessus de l'infirmerie, établissement de deux rangs de cellules avec corridor au milieu, pour deux personnes du côté jardin et une personne de l’autre côté ; avec une communication entre les cellules simples, afin d’y créer deux ou trois appartements ; au-dessus des cuisines, élevation du plafond de toutes les cellules pour leur donner la hauteur du dortoir à 15 lits ; déplacement et isolation des latrines. − la reconstruction partielle du bâtiment qui fait face à la Meuse. Il n’est pas écrit que tous ces projets furent menés à bien. Mais, une chose mérite d’être soulignée : l’Assemblée des Parents adressera en 1875 ses félicitations à l’administration pour les améliorations réalisées ainsi que pour la constante sollicitude qu’elle apporte dans l’intérêt de la Fondation d’Harscamp. Voilà qui nous change des propos acides des années antérieures. Entre 1898 et 1914 Durant le dernier quart du XIXe siècle, à part pour des travaux d’entretien indispensables, il n’est pas engagé de grandes dépenses pour l’hospice d’Harscamp, contrairement aux autres biens de la fondation qui se verront attribuer des sommes rondelettes. Or l’hospice est loin d’être un établissement exemplaire vu sa vétusté, la promiscuité qui y règne, son manque d’hygiène. C’est ainsi que le directeur écrit dans son rapport lu le 15 novembre 1897, que les locaux affectés au logement des hommes laissent à désirer. Le peu de places disponibles oblige 3 ou 4 hommes à occuper une petite chambre basse, sombre et sans air, à peine suffisante pour 1 ou 2 personnes. Mais les préoccupations des Collateurs de l’époque sont ailleurs jusqu’au réveil brutal que provoque la Commission des hospices. Elle brosse le 15 novembre 1898 un tableau sans concession de la réalité de la Fondation, appelant les Parents à réduire la population actuelle et à tenir compte des revenus de l’hospice qui s’amenuisent fortement. Elle rappelle que le souhait de la comtesse d’Harscamp aurait certainement été que les pensionnaires jouissent dans l’hospice d’un bien-être relatif et non de la situation présente. Le 15 novembre 1900, elle informe que des instructions ministérielles à l’attention des hospices et hôpitaux entrent en vigueur et prônent des normes minimales à respecter. L’hospice d’Harscamp est hors norme quand 21 chambres pour hommes comprennent 38 occupants au lieu de 29, deux dortoirs pour femmes renferment 17 lits au lieu de 10 et la salle des invalides 15 au lieu de 10 : un total de 21 personnes en trop pour ces seuls locaux ! Le 15 mai 1903, la Commission stigmatise le mobilier vétuste qui n’est plus en rapport avec les conditions modernes de confort et d’hygiène. Elle cite l’exemple d’une chaise en bois qui fait, pour plusieurs pensionnaires, office de lavabo et de table de nuit. Son jugement est sans appel : en résumé, l’hospice d’Harscamp se trouve, sous l’angle de l’hygiène et des aménagements, dans des conditions absolument inférieures à celles de tous les autres établissements de bienfaisance de la ville. Ces commentaires venant de la Commission administrative des hospices civils sont certainement marqués de la rigueur de son président, M. Fernand Kegeljan. Tranchant sur l’immobilisme en matière sociale des instances officielles (26), il est le père spirituel de l’hôpital civil de St-Camille, actuel CHR, conçu et mis en service en août 1902 avec les équipements nec plus ultra de son époque. Comme président de la Commission, il n’ignore pas l’état dans lequel périclite l’hospice. Comme banquier, il est rodé aux questions matérielles et financières. Un siècle après Isabelle Brunelle, sa générosité et son engagement pour les pauvres de Namur ont beaucoup de points de similitude avec ceux de la bienfaitrice d’Harscamp. Le chauffage de l’hospice est un premier problème à régler. Pour remplacer celui au charbon utilisé dans certaines pièces de l’immense hospice, la Commission étudie l’installation d’un chauffage central d’après les procédés en usage dans d’autres institutions. Son coût (55.000 francs – 190.000 euros (27) est trop lourd et les ressources manquent. Cette question est toujours à l’ordre du jour en 1904, même si entre-temps la Commission a établi dans les vestibules des poêles afin d’atténuer autant que possible le froid. Une proposition de chauffage à vapeur est soumise en 1906 aux autorités supérieures mais il faut attendre la réponse du Conseil supérieur d’hygiène publique. A la veille de la première guerre mondiale, une proposition pour installer le chauffage central dans les infirmeries du second étage fait l’objet d’une adjudication par voie de concours …. Puis vient la guerre (28) … L’électricité est une de ces innovations qui est encore un luxe au début du XXe siècle et dont les dépenses, une fois encore, sont jugées trop importantes pour les finances de l’établissement. La ville de Namur ayant pris accord avec la société du gaz en 1906 pour que ses habitants soient raccordés à l’électricité, il est probable que l’hospice ait été raccordé au réseau vers cette date. En 1909, un moteur électrique pouvant actionner un groupe de pompes électriques servant au refoulement des eaux remplace des pompes à bras actionnées par des pensionnaires ; les installations de la buanderie sont antiques et manuelles : le placement d’une machine à bouillir, à rincer et à azurer le linge avec générateur pour produire la vapeur et l’eau chaude permet de faire la lessive de la semaine en un jour ... et de supprimer deux servantes. Quant à l’éclairage électrique complet des salles et des chambres, il faudra attendre … 1927 ! La boulangerie, ses dépendances et les cuisines sont refaites complètement en 1903. On remplace le vieux four à pain qui menace ruine par un nouveau, selon le modèle de ceux établis à St-Gilles et dans le nouvel hôpital St-Camille. |
Cécile Douxchamps-Lefèvre