Fondation d'Harscamp

 

 

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Fondation d'Harscamp
De 1812 à 2006 La période belge de 1870 à 1918 Les revenus de capitaux entre 1870 et 1918
Les revenus de capitaux entre 1870 et 1918 Imprimer Envoyer
Autre article important dans le poste recettes du bilan de la Fondation : les rentes et capitaux placés. Même remarque que pour les immeubles : les séries chronologiques de chiffres ne sont pas homogènes et ne permettent pas d’estimer correctement dans le temps la part relative de ces revenus de capitaux sur une longue période.

Nous distinguerons plusieurs subdivisions. Les obligations de la Banque de Vienne Qui, à ce moment du récit de l’histoire de la Fondation d’Harscamp, se souvient encore de ces 276.200 florins argent de Vienne représentant 701.460 francs 31 cent et 90 centièmes de cent (ou environ 2.450.000 €) ? Isabelle Brunelle, à la page 35 de son testament, demandait à ses exécuteurs testamentaires de faire vendre au taux du jour à Francfort, ses obligations sur la banque de Vienne, payable en or ou argent comptant, dont le prix sera transféré à Namur, et remis avec les autres sommes de sa succession mobilière. Soixante-seize ans s’écouleront avant que l’argent ne soit finalement transféré à Namur.

Rappelons-en la longue histoire. Les exécuteurs, le vicomte de Namur d’Elzée en particulier, se retrouvent en 1805 face au dilemme de vendre ou ne pas vendre ces obligations, alors que le cours du florin de Vienne et celui des obligations chutent pendant la campagne d’Autriche de Napoléon, qui allait se terminer par la victoire française d’Austerlitz. Suite aux recommandations du préfet Pérès, ils choisissent d’attendre des jours meilleurs.

La Commission administrative des hospices civils instituée légataire universelle en 1806 adopte une attitude similaire et se contente de toucher les dividendes par l’intermédiaire des banquiers Fries à Vienne et de leurs correspondants en Belgique. Le florin autrichien finit par se stabiliser et les dividendes ne sont pas négligeables. Cette situation perdure pendant la période hollandaise où seule une instruction est donnée par l’Assemblée du 15 mai 1818 à l’avocat Delaitte pour qu’il entame des négociations convenables pour convertir en numéraire tous les capitaux, billets et actions détenus à Vienne et appartenant à la Fondation. Cette démarche ne semble donner aucun résultat tangible. Au milieu du XIXe siècle, les obligations autrichiennes refont surface. En 1859, les revenus des fonds viennois sont d’abord soumis à un impôt de 5 %.

L’année suivante, un bruit court chez certains banquiers autrichiens que les capitaux placés chez eux sont inaliénables quand ils sont la propriété d’hospices étrangers. L’enquête menée par voie diplomatique infirme ces bruits. Ce qui n’empêche pas le baron de Woelmont d’Hambraine de proposer l’aliénation des fonds autrichiens pour les remplacer par des fonds belges à 4 ½ %, à condition que les cours ne soient pas trop bas pour la vente. En 1861, suite à la dépréciation, l’aliénation est écartée et l’année suivante, les fonds autrichiens rapportent 5 % au lieu de 2 ½ % avant, suite à la hausse des taux traduisant des tensions financières et politiques en Autriche.

En 1866, le capital au nom de l’hospice d’Harscamp se compose de 9 obligations pour un montant global de 342.060 florins, ce qui donne un intérêt (converti en francs) de 37.700 francs (132.000 €). Mais en juillet 1866, éclate la guerre prusso-autrichienne qui se conclut par la défaite des seconds à Sadowa et une faiblesse du cours de change. En 1870, après avoir été réduits de 5 % en valeur, tous les titres que possède l’hospice d’Harscamp sont convertis en un inscription générale sur l’Etat autrichien, s’élevant à la somme de 328.500 florins (30). L’intérêt versé varie d’année en année à cause du cours du florin mais reste néanmoins l’une des rentrées les plus importantes de l’hospice : entre 1870 et 1879, les intérêts nets en provenance de la dette autrichienne s’élèvent à 290.510 francs, soit une moyenne de 29.050 francs (plus de 100.000 €) par an (31). Néanmoins, le 27 février 1881, la Commission des hospices obtient un arrêté royal l’autorisant à aliéner ce capital et à le faire revenir en Belgique. Elle rapatrie alors le montant fabuleux pour l’époque de 538.636,60 francs (près de 1.900.000 € ou 75 millions de francs belges). Cet argent, auquel est joint le produit d’autres remboursements, constitue un capital de 630.000 francs (2.200.000 €) qui est réappliqué sur des propriétés rurales, avec un intérêt de 4 %. Ainsi se conclut une longue histoire financière dont les origines remontent aux années de séjour du comte et de la comtesse d’Harscamp aux confins de la Galicie, entre Hongrie et Slovénie, plus d’un siècle auparavant. Les autres rentes de la Fondation

Elles sont de deux types : celles à charge des particuliers et celles à charge des Etats (belge essentiellement et autrichien, jusqu’en 1881). Par rentes à charge des particuliers, il faut entendre toutes les sommes d’argent qui sont prêtées contre de «bonnes et solides hypothèques» à des particuliers, dans la lignée de ce que pratiquait essentiellement le couple d’Harscamp de son vivant. A leur échéance, soit le capital est remboursé par l’emprunteur et versé sur un compte rémunéré intitulé caisse des capitaux auprès de la Banque Namuroise, puis à la Banque Générale Belge, avant de retrouver un placement hypothécaire ; soit la créance est prolongée pour un nouveau terme au taux du marché. Il arrive que ce soit la Commission elle-même qui propose aux emprunteurs de prolonger leur créance échue, comme en 1870, ce qui lui évite ainsi de rechercher de nouveaux débirentiers tout en obtenant un bon 4 ½ % avec des garanties déjà constituées. Sur la période 1870-1918, le maximum atteint par ces rentes particulières se situe en 1883, avec 17 rentes qui représentent un capital de 878.930,15 francs (plus de trois millions d’euros) et génèrent un intérêt de 36.056,29 francs (plus de 125.000 €).

Mais le système ira sans cesse diminuant puisque en 1918, il n’existera plus que 6 rentes représentant un capital nominal appréciable mais dévalué de 301.027,95 francs (quelque 400.000 €) et un intérêt de 14.610,88 francs (19.500 €)(32). Par rentes à charge des Etats, on rassemble tous les emprunts sur l’Etat belge, inscrits au grand livre de la dette publique, ainsi que la rente de 328.500 florins sur l’Etat autrichien, jusqu’à son aliénation en 1881. Une rente de 39.500 florins des Pays-Bas est aussi gardée jusqu’en 1907, avant d’être convertie et inscrite au grand livre de la dette publique pour un montant de 83.597,88 francs à 2 ½ %. Les diverses inscriptions totalisent un capital maximum de 925.197,88 francs entre 1908 et 1918, ce qui à la fin de la guerre correspondrait à un capital actuel de 1.250.000 euros pour un revenu global de 27.337,94 francs (36.600 €). Enfin, reste le compte de dépôt auprès de la Banque namuroise, puis Banque Générale Belge en 1902, où sont déposées les diverses sommes en attente d’affectation (suite à des remboursements de rentes échues, etc.).

Les bonis d’exercices sont capitalisés sur un compte intitulé caisse des capitaux qui est utilisé pour le remboursement des déficits budgétaires qui apparaîtront au début du XXe siècle et deviendront systématiques jusque et y compris la guerre. Certains travaux seront également financés au départ de cette caisse. L’intérêt de ces dépôts bancaires est de 4% jusqu’en 1885 et 3 ½ % ensuite. A la fin de la guerre, le solde du compte est de quelque 120.000 francs (160.000 €). Pour conclure ces deux paragraphes consacrés à des aspects plus «financiers» touchant les recettes de l’hospice d’Harscamp, un tableau en rappellera les principales composantes. Nous avons choisi deux dates extrêmes pour lesquelles les rapports annuels donnent des chiffres comparables.

 

 

Recettes
année 1874-1875

Recettes
année 1905-1906

Immeubles et droits de chasse

32.600,74

17,60

24.849,58

26,41

Rentes à charge des particuliers

13.875,29

7,49

18.160,88

19,30

Rentes à charge de l’Etat belge

21.915,94

11,83

27.337,44

29,06

Rentes à charge de l’Etat autrichien

30.425,48

16,42

---

---

Dépots de fonds

4.181,30

2,26

3.987,88

4,24

Total

102.999,75

55,60

74.335,78

79,01

 

 

 

 

 

Bilan des recettes

185.263,75

100,00

94.084,06

100,00

 

Ce tableau est significatif de la baisse des recettes au début du XXe siècle entraînant la diminution importante du nombre des hospitaliers à cette époque (voir le paragraphe consacré à la population entre 1870 et 1918). Un tableau similaire pour l’année 1917-1918 aurait signalé la chute du poste immeubles et droits de chasse, suite au non-paiement des loyers, dont celui de l’hôtel d’Harscamp. Si par contre le paiement des rentes sera toujours honoré, celles-ci vont subir les contrecoups des dévaluations monétaires qui vont arriver très bientôt.

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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