| Les effectifs de l’hospice d’Harscamp |
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Les effectifs de l’hospice d’Harscamp
Le rapport du 15 novembre 1898 de la Commission administrative tire la sonnette d’alarme. En cause, la réduction des revenus de l’hospice, surtout en provenance des bois français de Montigny-sur-Meuse où la chute des rentrées nettes atteint 27.966,88 francs en deux ans (100.000 euros ). Le niveau moyen des revenus qui était d’environ 110.000 francs (385.000 euros) de 1878 à 1897, ne représentait déjà plus que 98.000 francs (343.000 euros) de moyenne entre 1895 et 1897. En 1899, le budget ne prévoit plus que 85.758 francs (300.000 euros) de recettes ordinaires brutes, ce qui signifie que le boni des années antérieures ne tardera pas à être complètement absorbé. Et la Commission de rappeler l’art. 3 du règlement approuvé par le décret du 26 septembre 1811 qui indique que le nombre d’individus qui participeront à cet établissement devant être proportionnel à ses revenus, déduction faite des frais de premier établissement et des autres charges à supporter, sera déterminé en affectant annuellement 300 francs pour chaque individu, suivant les intentions de la fondatrice. Le calcul de la Commission est simple : les recettes de 1899 (85.758,77 francs) moins les charges (40.426,54 francs) laissent un disponible net de 45.332,23 francs (158.600 euros), lequel divisé par 300, donne le chiffre de population de 151 individus qu’elle suggère à l’Assemblée des Parents d’atteindre par paliers. Pour elle, le chiffre devrait même être inférieur, car les 300 francs de 1815 valent bien 400 francs aujourd’hui. Une légère amélioration dans les revenus en provenance des coupes de bois et une réduction du personnel lié à la diminution des effectifs permettent de stabiliser quelques années encore l’effectif théorique de l’hospice d’Harscamp à 166 individus. Par rapport au maximum de 260 bénéficiaires autour des années 1850, l’effectif devra donc être réduit de 36 %. Plus tard, dans son rapport du 16 mai 1910, le directeur attire quant à lui l’attention des collateurs sur le petit nombre de demandes d’admission reçues, en plus du fait qu’elles émanent souvent de personnes qui ne répondent pas aux critères et qualités requis par le testament d’Isabelle Brunelle. Peut- être cette nouvelle situation découle-t-elle des pensions de vieillesse qui commencent à être versées par l’Etat, détournant ainsi beaucoup de vieillards des établissements de bienfaisance. Il suggère de faire appel à des candidats flamands, après avoir constaté que sur les 1000 personnes inscrites sur les 33 dernières années, 30 à peine sont originaires de Flandre21. La situation financière restant tendue et les travaux envisagés exigeant des dépenses considérables, M. Moxhon, président de la Commission administrative des hospices en vient à proposer à l’assemblée générale du 16 novembre 1911 que la famille envisage l’admission de pensionnaires payants, conformément au règlement du 17 novembre 1817, comme cela s’est fait jusqu’en 1877 (22). En décembre 1912, 4 hommes et une femme rejoignent en qualité de pensionnaires payants six autres personnes pour lesquelles il est perçu 2500 francs ou 8750 euros par an. Cette catégorie d’hospitaliers sera la principale durant la 1ère guerre mondiale, comme l’indique le tableau synthétique des quatre années de guerre
Pour donner une idée du chiffre total des admissions depuis le 1er octobre 1812, calculé sur base des admissions proposées par le directeur et confirmées par l’assemblée des Parents (23), on arrive au chiffre de 2887 personnes à l’assemblée du 16 novembre 1914 : 1514 hommes et 1373 femmes. |
Cécile Douxchamps-Lefèvre