| Le premier centenaire du décès d'Isabelle d'Harscamp |
|
|
|
En l’absence de commémoration officielle de la part du collège des Collateurs et de la Commission des hospices, l’événement central semble avoir été la causerie faite au Kursaal de Namur le 7 mai 1905 par l’imprimeur namurois Jacques Godenne (33).
Ayant souligné qu’après un siècle d’indifférence sinon d’oubli, il avait entrepris la tache ingrate de faire revivre le souvenir de la comtesse d’Harscamp, il rappelle l’histoire de la famille d’Harscamp et plus particulièrement celle de Pontian d’Harscamp et de son épouse. Sa relation du testament d’Isabelle et de la création de l’hospice ne s’écarte en rien de ce que notre recherche a décrit en long et en large dans les pages qui ont précédé. Une liste reprend les noms et dates d’intronisation de 127 Collateurs, depuis la premièrec assemblée de 1812 ainsi que la liste des 59 Collateurs en 1905. Les fêtes autour de l’inauguration de la statue d’Isabelle Brunelle sont longuement décrites par le compte-rendu qu’en fit l’Ami de l’Ordre, le 17 mai 1872. Deux paragraphes apportent toutefois un éclairage sur la situation de l’hospice au tout début du XXe siècle : sa description de l’état actuel (p. 48-50) comble quelque peu l’absence d’information que nous signalions sur l’organisation spatiale de l’hospice au XIXe siècle. Mais nous lui trouvons une relation un peu trop complaisante, voire flatteuse, de l'état matériel dont nous décrivons l’état parfois lamentable, à la charnière du siècle. Ainsi : Rien ne manque à ce séjour de délices, où reste vivace le culte de la vénérée Fondatrice, représentée par la statue de 1872, à laquelle vieux et vieilles adressent au passage, un gracieux salut ou un reconnaissant clin d’œil… Sans commentaire. Un autre paragraphe aborde l’état actuel des anniversaires des fondations pieuses (p.33-35). On y apprend qu’en 1905, à Noville-les-Bois, Bierwart, Lives (pour Bossimé), Lustin (tous les deux ans), Profondeville, Rendeux-St-Lambert et à la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, les messes annuelles sont toujours dites et les distributions aux pauvres exécutées par les soins des bureaux de bienfaisance. M. Godenne n’a reçu aucune réponse ou confirmation de l’activité de ces fondations pieuses à Maillen, Marchin, Montigny-sur-Meuse et St Jacques d’Aix-la-Chapelle. Par ailleurs, le capital transféré en 1824 à la commission d’Aix-la-Chapelle avait largement fructifié, puisqu’il représentait en 1868 plus de 230.263 thalers (environ 863.500 francs ou plus de trois millions d’euros). En 1901, les quatre fondations voulues par le testament de 1805 étaient toujours très largement dotées. Nous ignorons ce qu’il en est advenu après 1918 et l’effondrement monétaire qui suivit la défaite allemande. Le mardi 16 mai 1905, est célébrée en l’église Notre-Dame une messe anniversaire à laquelle assistent le bourgmestre Mélot, plusieurs Collateurs et membres de la Commission des Hospices, de nombreuses personnalités locales et les pensionnaires d’Harscamp, presque au complet. Le samedi 20 mai, un service solennel est célébré en la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, en présence du premier bourgmestre, d’adjoints et de conseillers communaux et d’une délégation namuroise, montrant que le souvenir de la bienfaitrice est toujours vivace en cette ville qui l’avait vu naître. |
Cécile Douxchamps-Lefèvre