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L'exil
Ce décès précède de peu l'investissement de nos régions par les armées de la République française. Celui-ci inspire l'effroi dans tout le pays, à cause des excès commis en France par le régime de la Terreur, et provoque un vaste mouvement d'émigration. La comtesse d'Harscamp quitte Fernelmont le 1er juin 1794 avec ses domestiques pour se réfugier au-delà du Rhin ; elle s'établit d'abord à Miltenberg, non loin de Wertheim où elle rejoint des cousins de son mari le duc Frédéric-Alexandre de Beaufort et Henri-Claude de Namur d'Elzée : elle se rend ensuite à Anspach, dans le marchgraviat de Hesse, auprès de ses parents Bryas (20) Elle y vit selon son rang dans un exil qui pour être doré ne lui enlève pas moins le désir de rentrer au pays, d'autant plus que la chute de Robespierre survenue le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) a mis fin à la Terreur et mis en place le régime de la Convention dite thermidorienne qui adopte d'emblée une politique favorable aux classes possédantes, pourvoyeuses de ressources pour la République. Le 5 fructidor an III (22 août 1795) cette assemblée vote la Constitution de l'an III établissant le Directoire et, avant de se séparer, elle décrète le 9 vendémiaire an III (11 octobre 1795) la réunion à la France des pays conquis, comprenant les départements réunis de la Belgique et ceux de Rhénanie. Nombre d'anciens émigrés rentrent alors au pays pour éviter la confiscation de leurs biens et la levée du séquestre mis sur ceux-ci, tandis que la renonciation par François II à sa souveraineté sur les Pays-Bas, aux termes du traité de Campo-Formio du 18 octobre 1797, légalise leur annexion à la France en droit international et fait de leurs habitants des citoyens français à part entière. La veuve Harscamp ex comtesse de Pontillas a été portée sur la liste des émigrés dressée le 19 messidor an IV (7 juillet 1796) et ses biens ont été placés sous séquestre (21). Des démarches entreprises auprès du préfet du département de Sambre-et-Meuse, Emmanuel Pères, par certains de ses amis, dont le baron d'Obin (22), lui obtiennent, le 8 prairial an V (27 mai 1797) sa radiation provisoire de la liste des émigrés. Elle revient alors dans nos régions, s'établit au château de Marchin et séjourne à l'occasion chez le baron d'Obin, au château de Wasseiges. Victime de la loi du 19 fructidor an V (5 septembre 1797) ordonnant aux bénéficiaires d'une radiation provisoire de quitter le pays endéans les vingt-quatre heures et de s'établir hors des frontières de la République, elle quitte Wasseiges en compagnie du baron d'Obin, se rend à Sittard, dans le pays de Juliers, puis Mulheim, à Cologne et à Francfort et enfin en Galicie où elle procède à la liquidation de ses biens situés dans la région. En juin 1799 elle obtient notification de sa radiation définitive de la liste des émigrés et le 30 octobre suivant celle de la levée du séquestre grevant son patrimoine.
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