Du testament à l'ouverture de l'hospice d'Harscamp

Du testament d’Isabelle Brunelle (20 janvier 1805) à l’ouverture de l’hospice d’Harscamp  (1er octobre 1812)

Alex FURNEMONT

 

La grande aventure que nous nous proposons de relater tout au long de cet article a commencé le neuf pluviôse, an treize de la République Française (20 janvier 1805) avec le testament que dicte Madame Isabelle Brunelle douairière d’Harscamp au notaire Henri-François Toussaint, résidant à Burdinne, arrondissement de Huy, département de l’Ourthe.

Du testament d’Isabelle Brunelle (20 janvier 1805) à l’ouverture de l’hospice d’Harscamp (1er octobre 1812)


Alex FURNEMONT


La grande aventure que nous nous proposons de relater tout au long de cet article a commencé le neuf pluviôse, an treize de la République Française (20 janvier 1805) avec le testament que dicte Madame Isabelle Brunelle douairière d’Harscamp au notaire Henri-François Toussaint, résidant à Burdinne, arrondissement de Huy, département de l’Ourthe. Ce testament une fois rédigé est ensuite endossé le 18 ventôse an 13 (9 mars 1805) par le sieur Jacques-François César, notaire public établi dans le département de Sambre-et-Meuse, avec résidence à Namur, en présence d’Isabelle Brunelle, qualifiée de rentière et de propriétaire, et de six témoins.

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Équivalence entre les francs et l'euro

Couramment appelée franc Germinal (lois de germinal an XI - 28 mars et 7 avril 1803), la monnaie imposée par Napoléon sur tous les territoires conquis par la République est définie comme suit : cinq grammes d’argent, au titre de neuf dixième de fin, constituent l’unité monétaire qui conserve le nom de franc.

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Le testament de 1805

Ce troisième testament commence par une profession de foi humble et profonde où après avoir recommandé son âme à Dieu, la comtesse demande qu’après son trépas, soient célébrées mille messes pour le repos et le salut de son âme et celle de son très cher époux. Que soit distribuée une somme de deux mille francs argent de France aux pauvres (7.000 €).

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La base patrimoniale pour les fondations d’Aix-la-Chapelle et de Namur

Ayant ainsi disposé nominativement d’une partie de sa fortune pour des legs et des rentes «personnalisées», Madame Isabelle d’Harscamp décrit les biens fonciers et les rentes qui lui restent, auxquels elle ajoute sa succession mobilière, pour financer ses deux grands projets : d’abord quatre fondations à Aix-la-Chapelle et ensuite, avec tout ce qui restera de disponible, l’établissement d’un hospice à Namur.

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Les fondations d’Aix-la-Chapelle

Le reste du testament, à partir de la page 36, traite essentiellement de deux fondations majeures, l’une à Aix-la-Chapelle, l’autre à Namur, qu’Isabelle Brunelle crée en continuité l’une de l’autre. Lorsqu’elle dicte ses volontés, elle espère encore mener personnellement à bonne fin la première. Vu les implications matérielles qui relient la création de l’hospice de Namur à l’établissement de cette première fondation, il nous paraît indispensable d’en présenter les éléments essentiels.

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Les quatre fondations d’Aix-la-Chapelle de 1794

Le texte de ces fondations est imprimé avec le testament de Madame d’Harscamp, aux pages 37 à 43. D’emblée, elle enjoint son chargé d’affaires parisien, Monsieur Chaveau, à adresser une pétition au Ministre de l’Intérieur Champagny pour obtenir l’arrêté autorisant la mise à disposition du capital qu’elle leur destine.

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La fondation d’un hospice à Namur

Dernière étape, et non la moindre : ce qui restera ensuite de ma succession immobilière et mobilière servira, comme dit est, à fonder un hospice en la ville de Namur, et les argents seront placés en acquisitions de biens fonds ou de rente, sur le pied de celles prémentionnées : on y joindra tous les biens fonds et rentes de ma succession dont il n’a pas été disposé, et l’ensemble formera la masse des biens à employer, pour établir l’hospice (qui) portera le nom d’Harscamps, en mémoire de mon très cher époux…(p. 43 et 44).

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Les exécuteurs testamentaires et autres intervenants

Deux documents sont confrontés et étudiés simultanément : tout d’abord le Bulletin des opérations des exécuteurs testamentaires de Madame Isabelle Douairière d’Harscamp née Brunelle (20) donnant, journée après journée, un aperçu succinct du courrier reçu et envoyé aux exécuteurs testamentaires entre le 24 floréal an 13 (14 mai 1805) et le 7 mai 1806 ;  le second est un registre relié (21) reprenant au jour le jour, in extenso, toute la correspondance envoyée par les exécuteurs testamentaires entre le 8 mai 1805 et le 17 mai 1806.

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Le travail préliminaire des exécuteurs testamentaires

Le survol des premiers mois qui suivent le décès de Madame d’Harscamp nous fait revivre la complexité des faits qui entourent la création de l’hospice namurois, en partant de cette source première qu’est la correspondance des exécuteurs testamentaires de la défunte. A travers leurs actes de gestion percent toute la générosité et le dévouement de ceux qui acceptent la lourde responsabilité d’exécuter les volontés dernières de la bienfaitrice. 

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Quelques contestations préliminaires

Dès le 19 mai, M. Vossen, substitut du procureur général près la cour d’appel à Liège informe son frère à Aix-la-Chapelle, qu’un des héritiers, l’ancien procureur et notaire de Grass, habitant Aix, consulte des avocats à Liège sur la validité du testament. D’après ceux-ci, il pourrait être cassé, suite à des vices de forme au moment de l’ouverture.

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L’inventaire et la réalisation des biens meubles de la testatrice

Entre 1800 et 1805, Madame d'Harscamp, à son retour d'Allemagne, rendit visite à de nombreux amis en Belgique, élut domicile chez le baron d'Obin à Wasseiges, séjourna en son château de Marchin ou en l'hôtel namurois du vicomte d'Elzius où elle décéda le 8 mai 1805.

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La cession des legs à divers bénéficiaires

Le vicomte de Namur d’Elzée est le premier à demander dès le 16 mai 1805, la délivrance, en vertu de l’article 1014 du code civil, des legs faits à son épouse, à son fils et à lui-même. Dans les mois qui suivent, une fois les inventaires réalisés et les legs localisés, les différents bénéficiaires à titre nominatif se verront remettre les objets, bijoux, bagues, montres, pendules et autres bracelets ou colliers, que la défunte comtesse voulait leur remettre.

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