| Où installer l’hospice d’Harscamp ? |
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Hôtel de Madame d’Harscamp ou ailleurs ? Le décret impérial, en ce qui concerne le lieu d’établissement du futur hospice, ne déroge en rien les dispositions testamentaires de la page 44 : «Ma maison dite l’Hôtel d’Harscamps, située sur le Marché de l’Ange à Namur, sera destinée au logement des individus qui jouiront de cette fondation pendant le cours de leur vie … Si on trouvait l’hôtel d’Harscamps insuffisant pour les loger, il conviendrait d’acheter des maisons du voisinage, afin d’y suppléer, ou de bâtir des nouveaux logemens dans le jardin.» En ce début du XIXe siècle, l’hôtel d’Harscamp doit être considéré comme un établissement hôtelier et non plus comme la résidence urbaine particulière d’un noble possédant son château à la campagne, comme au siècle précédent. Il n’est point fait mention dans les travaux des exécuteurs d’un inventaire quelconque en cet hôtel, si bien qu’on peut considérer que Madame d’Harscamp n’y occupait plus aucune pièce au moment de son décès (53). Dès le départ, les exécuteurs devaient déjà se dire qu’il convenait bien mal pour l’objet auquel il était destiné ... Par un pli envoyé de Paris (54), ils sont informés que le couvent des Bénédictines est à vendre. Celui-ci est situé rue de Bruxelles, à l’emplacement actuel des facultés universitaires. Cette abbaye bénédictine de femmes, dite de la Paix Notre-Dame, construite en plusieurs étapes, entre 1687 et 1734 a été vendue comme bien national. Quelques semaines plus tard, M. Gérard, greffier du juge de paix de Namur et imprimeur du testament, annonce l’arrivée à Namur du propriétaire qui désire vendre rapidement son bien et en demande 64.000 francs55 - environ 225.000 euros. Ce prix paraît exorbitant (!) au vicomte de Namur d’Elzée qui confie à ses collègues de Namur-Fléron et Vossen que l’actuel propriétaire l’a en fait acheté durant ce même été 1805 pour 25.000 francs au plus - tout ou partie, il l’ignore – et qu’il suppose que l’on pourrait négocier autour de 50.000 francs (175.000 €), ce qui reste encore cher. Le même jour – coïncidence ou pas - dix religieux récollets et six frères lais offrent à la succession leur couvent, situé dans le quartier de la Neuville, face au confluent de la Meuse et de la Sambre, moyennant le paiement d’une rente annuelle de six cents florins pour les prêtres et du tiers pour les frères lais. Les exécuteurs estiment cette offre à priori plus intéressante et raisonnable, car la vente d’un immeuble en rente viagère ne peut être qu’intéressante, vu l’âge avancé de plusieurs d’entre eux. De plus, la très belle église attenante reconstruite il y a à peine cinquante ans, est actuellement utilisée comme église paroissiale, ce qui pourrait être utile et à moindre coût pour les pensionnaires de l’hospice. Dans les deux cas, une agréation du gouvernement serait nécessaire, puisqu’il y aurait changement du local désigné par le testament. Aussi, les exécuteurs décident-ils de faire constater en temps voulu l’impossibilité d’établir un hospice dans l’hôtel d’Harscamp au centre ville. |
Cécile Douxchamps-Lefèvre