Fondation d'Harscamp

 

 

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Les fondements Du testament à l'Hospice Les quatre fondations d’Aix-la-Chapelle de 1794
Les quatre fondations d’Aix-la-Chapelle de 1794 Imprimer Envoyer
Le texte de ces fondations est imprimé avec le testament de Madame d’Harscamp, aux pages 37 à 43. D’emblée, elle enjoint son chargé d’affaires parisien, Monsieur Chaveau, à adresser une pétition au Ministre de l’Intérieur Champagny pour obtenir l’arrêté autorisant la mise à disposition du capital qu’elle leur destine. Cela fait en effet plus de dix ans (19) que la comtesse souhaite établir ces fondations. Et si elle venait à décéder, elle charge ses exécuteurs testamentaires de s’en occuper après elle, en fournissant des rentes suffisantes, au gré du gouvernement, déjà établies ou à établir, à 3 % d’intérêt, franches et libres de toute imposition, retenue et modération (p. 43). 

Nous sommes ici donc face à une fondation d’une ampleur financière tout autre que celle de 1792. Sur base du taux de 3 %, les 20.400 francs de rente à répartir entre quatre fondations, représentent un capital de 680.000 francs (2.380.000 € ! pas loin de cent millions de FB, entre 15 et 16 millions de FF), soit plus de vingt fois le montant consacré par elle et son mari pour la précédente fondation. 
Par importance décroissante, les quatre fondations suivent les objectifs ci-après :

La première, pour laquelle elle accorde sept mille deux cents francs de revenu annuel (soit un capital constitutif de 240.000 francs) à diviser en douze mensualités, doit servir à secourir les pauvres honteux, sans ressource, dont les père et mère, ou les ayeux vivaient dans une honnête opulence, et qui par le malheur ou les circonstances imprévues, ont été privés de leur fortune. On remarquera qu’il y a une constance dans les attentions de la comtesse. Elle ne fixe aucun montant par individu, à déterminer au gré des besoins et des situations particulières.

La seconde, d’un revenu annuel de six mille francs (soit un capital de 200.000 francs à 3 %), est destiné à l’éducation de douze jeunes garçons - entre 12 et 21 ans  - dans la classe des pauvres honteux, ci-devant désignés et provenant de famille déchue à qui il serait attribué cinq cents francs pour chacun d’eux, afin qu’ils soient nourris, entretenus et instruits dans les sciences et les arts.

Un même revenu de trois mille six cents francs (au capital de 120.000 francs chacune) est accordé pour les deux dernières fondations. L’une est le pendant féminin de la seconde, non pour couvrir des besoins d’éducation, mais pour servir de pension auprès d’honnêtes citoyens ou parents qui accepteraient de les héberger et de les nourrir. Chaque fille âgée d’au moins 14 ans recevrait 300 francs annuels, à condition de ne pas disposer de revenus autres (succession, travail, viager) égal à cette pension. Tout comme pour les garçons, les revenus des filles cesseraient le jour de leur mariage ou suite à une conduite scandaleuse les rendant indignes de profiter de la fondation.

La quatrième fondation constitue un dernier fonds destiné à secourir des pauvres indistinctement de ladite ville, qui se trouveraient hors d’état, par infirmité ou vieillesse, de se procurer de quoi vivre. Chaque premier du mois, trois cents francs seraient ainsi distribués à des individus, sans en déterminer le nombre, qui auraient les qualités requises. Des quatre fondations allemandes, c’est la seule qui organise une aide pour les pauvres nécessiteux, infirmes et vieillards, dans l’acceptation actuelle du terme.
A une époque où aucun système de sécurité sociale n’existe et où les démunis n’ont que la mendicité pour survivre, cette fondation ne représentera peut-être qu’une goutte d’eau dans un océan de misère, mais elle a le mérite d’avoir été souhaitée par Madame d’Harscamp.

Si les fondations avaient été constituées de son vivant, Madame se serait réservé le droit exclusif de désigner les bénéficiaires de ses largesses. Elle n’a pas eu l’occasion de l’exercer. Mais elle a prévu qu’après son décès, ce sera le bureau de bienfaisance d’Aix-la-Chapelle qui nommera les candidats aux places vacantes, assisté d’un de ses parents mâles, issu des branches Brunelle, Bruchmann et autres, nommé par un conseil de famille convoqué à cet effet. Et si ce parent désigné refuse cette co-responsabilité, il sera fait appel à un citoyen honnête pour remplir la tâche. De même, un comité composé de trois parents ou de deux citoyens probes et honnêtes recevra tous les ans le rapport des comptes gérés par un receveur particulier, rémunéré.

Tout comme pour la fondation de 1792, la comtesse prévoit qu’au moindre changement ou aliénation par rapport à ses intentions, les capitaux feront retour à sa proche famille et à ses héritiers légaux.
Pour sûreté de ses quatre donations, Madame d’Harscamp avait utilisé entre autres rentes celle  de 342.500 florins brabant de Liège qu’elle détenait sur le duc de Croy et qui rapportait un peu plus de treize mille francs (45.000 €) l’an à elle seule. Malheureusement, suite aux événements politiques, les biens fonciers du duc (bois et forêts) qui la garantissaient avaient été mis sous séquestre en 1794. Depuis, la situation était bloquée. Par ailleurs, le gouvernement français peu pressé de faire avancer le dossier, exigeait de la donatrice qu’elle donna la preuve qu’elle étai bien propriétaire des rentes qu’elle apportait. La solution finale n’interviendra qu’en offrant d’autres rentes en garantie.

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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