Fondation d'Harscamp

 

 

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Fondation d'Harscamp
Les fondements Du testament à l'Hospice Les décrets impériaux du 2 Nivôse an XIV
Les décrets impériaux du 2 Nivôse an XIV Imprimer Envoyer
«Ce qui restera de ma succession immobilière et mobilière servira, comme il est dit, à fonder un hospice en la ville de Namur … Il portera le nom d’Harscamps, en mémoire de mon très-cher époux, et sera fondé pour secourir des personnes des deux sexes, en nombre égal, âgées au moins de soixante ans, issues d’une famille, dont les père et mère ou ayeux, vivaient dans une honnête opulence, et qui se trouveraient sans ressource pour subsister, à charge d’en faire la preuve, et celle d’une bonne conduite, avant que d’être admises»

La longue attente de la sanction impériale

Cette fondation demande, d’après la loi française, une sanction préalable du gouvernement. C’est ce que les exécuteurs testamentaires vont s’efforcer d’obtenir : sept mois et demi seront néanmoins nécessaires pour obtenir l’approbation et la signature de Napoléon  : le décret sera signé à Vienne, au lendemain de sa victoire d’Austerlitz. 

Dès le 6 juin 1805, l’imprimeur Gérard de Namur remet 100 testaments imprimés sur timbre et 250 sur papier libre. Le 17 juin, le vicomte de Namur d’Elzée adresse une lettre à Monsieur Chaveau à Paris avec un paquet de testaments certifiés par le notaire César, en l’invitant à solliciter auprès du gouvernement les autorisations nécessaires. Plusieurs lettres signées des exécuteurs accompagnent l’envoi. La première pour la mère de l’empereur «protectrice déclarée de tout ce qui tient aux œuvres de charité». Une autre pour le ministre des Cultes Portalis, pour ce qui concerne les messes obituaires à Aix-la-Chapelle et dans les neuf  paroisses. Tout un mémoire est rédigé à l’intention du ministre de l’Intérieur Champagny ; des testaments sont transmis au conseiller d’Etat d’Angéli, chargé des affaires concernant les fondations et à Monsieur Beauchan, juge à la Cour de cassation. 
Les exécuteurs sollicitent encore l’appui de diverses personnes susceptibles de faire progresser le dossier : le préfet de Sambre-et-Meuse Pérès, le sénateur Lambrecht et l’auditeur près du Conseil d’Etat Goswin de Stassart, tous deux natifs de Namur, le sénateur Monge de Liège, le maire et le conseil municipal de Namur, le député namurois Dupré, membre du Corps législatif … Rien n’est donc négligé pour accélérer la réception de l’aval des autorités et pour passer à la phase de réalisation de l’hospice voulu par la comtesse d’Harscamp.

Quelques tensions apparaissent alors à Namur. C’est ainsi que les exécuteurs se font l’écho de bruits qui circulent sur l’éventuelle altération des volontés de la testatrice concernant l’établissement namurois, que l’on chercherait à confier aux administrateurs des hospices de cette ville. Ce qu’ils ignoraient, c’est que le 2 juillet 1805,  le ministre de l’Intérieur avait écrit au préfet du département de Sambre-et-Meuse en l’invitant à provoquer de la part de la Commission administrative de cette ville une pétition tendant à se faire autoriser à accepter le legs pieux. Cela fait partie de la procédure normale dans la création d’une fondation.

En date du 18 juillet, la dite Commission administrative des hospices civils de Namur répond à l’Empereur en ces termes :
Chargés d’administrer les biens destinés à secourir l’indigence de tout âge et de surveiller l’exécution des dispositions bienfaisantes qui tendent à l’amélioration des hospices de cette ville, nous nous empressons de supplier Votre Majesté Impériale et Royale de nous autoriser à accepter le legs de la Dame d’Harscamps dont s’agit, convaincus qu’il offre évidemment des grands avantages à la classe indigente qui en fait l’objet. … 
Signé J.Maus, J. Fallon fils, A.J. Ancheval, Darrigade et Deglin 50
.

C’est la toute première intervention – officielle – de la Commission administrative des hospices civils dans la longue histoire de la Fondation d’Harscamp … Mais pendant six mois, elle ne dispose encore d’aucun pouvoir… Elle attendra la décision impériale.

A partir de novembre 1805, les nouvelles en provenance de Paris laissent augurer un avancement du dossier, alors que la situation politique internationale s’obscurcit et que Napoléon et la Grande Armée sont dans Vienne le 14 novembre. Début décembre, le ministre de l’Intérieur fait son rapport au Conseil d’Etat, qui agrée le 14 frimaire toutes les fondations contenues au testament de Madame d’Harscamp, sans changement, ni modification (51). Le vicomte de Namur d’Elzée s’empresse alors d’avertir ses collègues que M. de Stassart est parti pour le quartier général de l’Empereur avec le travail du Conseil d’Etat. 

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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