Fondation d'Harscamp

 

 

rue d'Harscamp,9 

B- 5000 Namur

 

 

 

 

 

 

Dernières informations
Close

Flash info

|
Membre
Close

CB Login

               

Les présidents de la Fondation

Prosper Christyn
Image Detail

Un photo au hazard

hospice_batiment_b16
Image Detail

Prochainement

Réseaux sociaux

Facebook Twitter Delicious Google Bookmarks 

Le fil des nouvelles

Fondation d'Harscamp
Les fondements Du testament à l'Hospice Le testament de 1805
Le testament de 1805 Imprimer Envoyer
Ce troisième testament commence par une profession de foi humble et profonde où après avoir recommandé son âme à Dieu, la comtesse demande qu’après son trépas, soient célébrées mille messes pour le repos et le salut de son âme et celle de son très cher époux. Que soit distribuée une somme de deux mille francs argent de France aux pauvres (7.000 €). Avant toute autre répartition, son premier désir est de voir fonder une Grande messe annuelle en la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, une messe quotidienne dans l’église paroissiale Saint-Jacques à Aix-la-Chapelle dont dépendait la maison paternelle, ainsi qu’une messe annuelle dans neuf églises paroissiales relevant des évêchés de Liège, Namur et Metz, où les d’Harscamp possédaient des biens.
A chacune de ces messes fondées sont associées des distributions de pain aux pauvres, à l’image de ce que feu son mari avait testé pour les localités dans lesquelles il possédait des propriétés féodales. Toutes ces dispositions testamentaires relèvent de ce qu’on pourrait appeler les petites fondations, auxquelles les exécuteurs testamentaires accorderont une part non négligeable de leur activité.

Dispositions en faveur de sa propre famille

Suivent des dispositions plus «classiques» à l’égard de sa propre famille. Encore qu’elles ne soient pas identiques dans leur constitution pour les bénéficiaires de chaque branche. 

1. En ce qui concerne la «branche maternelle» - celle des Bruchman – résidant pour la plupart à Cologne, les dispositions sont les suivantes : une rente viagère de quinze cents francs, argent de France, est léguée par Madame Isabelle d’Harscamp à sa tante ou à sa nièce, Marie Bruchman, née Tilman (nom de sa mère). Chrétien Bruchman, Marie-Catherine Krakamp et Anne Smits sont frères et sœurs (4) et reçoivent des obligations sur la banque de Vienne, le premier pour une valeur nominale de trente mille florins au cours de Vienne (5) et ses deux sœurs pour une valeur de vingt mille francs chacune. Quant à Jean-Chrétien Bruchman , fils mineur de Chrétien Bruchman, résidant à Vienne, il lui est légué dix mille florins en obligations sur la banque de Vienne, ainsi que deux mille cinq cents florins sur la Loterie Impériale. Il s’agit en fait d’un emprunt Loterie de la Banque de Vienne émis le 1er janvier 1798. 
Soit pour la branche maternelle d’Isabelle Brunelle, outre une rente viagère, un total de 82.500 florins de Vienne équivalent à plus de 209.500 francs argent de France (735.000 €) qui devront être définitivement retirés de la masse successorale

2. Pour la «branche paternelle» – celle des Brunel (6) – il est difficile de connaître les liens de parenté avec Madame Isabelle d’Harscamp, sachant qu’elle n’avait qu’une sœur dont le prénom n’est pas connu. Pour ces «parents» plus ou moins proches, le système de legs adopté par Isabelle d’Harscamp est celui de rentes héréditaires à établir sur de bonnes hypothèques à 4 % d’intérêt.
La plus importante est celle en faveur de François Brunel, fils de Daniel (oncle ?), résidant à Aix-la-Chapelle, qui disposera de l’usufruit d’une rente héréditaire de douze mille francs, ce qui nécessite un capital à constituer pour lui seul de 300.000 francs, soit plus d’un million d’euros actuels ! La nue-propriété de cette rente est assignée à ses trois enfants (ou à leurs descendants), dont deux sont encore mineurs en 1805 (7).
Mademoiselle Thérèse Morlet, fille d’Adélaïde Brunel (parenté ?),  reçoit une rente de trois mille francs, qu’une apostille en page 58 du testament lui enjoint de partager avec son frère Germain. Quant à Monsieur Jean Keilhaner et à Madame Joséphine Kahlen, «parents» plus lointains, ils reçoivent tous deux une rente de cinq cents francs. 
Soit pour la branche paternelle, un total de seize mille francs de rentes héréditaires que les exécuteurs testamentaires seront chargés de constituer sur bonnes et suffisantes hypothèques à quatre pour cent d’intérêt, libres de toute espèce d’imposition en tems de guerre ou autre …et de même (libre) de toute retenue, pour tailles, aides, subsides, affectant les biens fonds hypothéqués, … qui seront aussi franches et exemptes de toute modération et déduction, pour cause de stérilité dégât, dommage ou incendie  arrivés aux dits biens hypothéqués et ne seront payées qu’en espèces d’or ou d’argent de la valeur au moins de deux francs cinquante centimes, en la ville d’Aix-la-Chapelle (p. 11 et 12). A 4 % d’intérêt, cela représente un capital de 400.000 francs, argent de France, ou plus de 1.400.000 € !!!, qui devra être soustrait de la succession, pour constituer toutes ces rentes transmissibles par les bénéficiaires à leurs héritiers.
Enfin Madame Isabelle d’Harscamp instaure également pour les veuves de François et Jacques Brunel, deux pensions viagères de respectivement mille cinq cents et cinq cents francs, qui s’éteindront automatiquement au décès de leur bénéficiaire (8).
Les quelques chiffres «actualisés» qui viennent d’être énoncés démontrent l’ampleur de la succession de la comtesse d’Harscamp tout comme la générosité qu’elle traduit dans ses dispositions testamentaires. Il serait par ailleurs totalement inexact de prétendre que par ce testament elle a «dépouillé» ou défavorisé sa famille.
Les capitaux affectés aux rentes qu’elle constitue en faveur des siens sont plus qu’importants, avec 609.500 francs à titre de legs définitifs, plus les capitaux correspondants aux trois rentes viagères pour un total de 3.500 francs (à 3,5 %, par exemple, ces capitaux s’élèveraient à 100.000 francs). Soit une estimation avoisinant les 700.000 francs, approchant les deux millions et demi d’euros !

Dispositions à l’égard de deux parents de son mari

Deux bénéficiaires disposent de legs plus importants, les seuls à inclure quelques terres et maisons : il s’agit d’une part, du vicomte de Namur d’Elzée, de son épouse Marie-Isabelle, née d’Haultepenne et de leur second fils Constant ; d’autre part, du filleul de la testatrice, Pontian de Chennevière.

1. Henri-Claude de Namur d’Elzée, petit-fils d’Angélique-Lydewine-Apolline d’Harscamp, tante de Pontian, se voit attribuer divers biens fonds, terres et bois essentiellement situés sur les communes de Villers-le-Temple et Lustin, ainsi que diverses rentes déjà constituées pour un total de 1640 francs annuels (5.750 €) sur des biens appartenant au comte de Beaufort de Spontin pour plus de la moitié et sur d’autres biens situés pour la plupart à Maillen, Lustin, Profondeville, Rivière et Yernée, près de Villers-le-Temple. 
Par ailleurs, le vicomte de Namur d’Elzée hérite de la partie «polonaise» de la succession, c’est-à-dire de tout ce qui est lié au séjour entre 1748 et 1763 des d’Harscamp en ces terres lointaines de Galicie, à la limite du royaume de  Hongrie et de la Pologne. Cet héritage n’est pas sans souci, car plusieurs litiges et procès sont encore pendants au décès de la testatrice. Mais le vicomte de Namur d’Elzée pourra recourir aux services du baron Obin de Wasseiges qui connaît bien ce dossier pour avoir accompagné la testatrice en ces contrées. Au cas où le vicomte de Namur n’accepte pas cette succession, elle reviendrait à Jean-Chrétien Bruchman, un des cousins, habitant Vienne.
Quant à Madame de Namur d’Elzée et à son fils Constant, Madame Isabelle d’Harscamp leur accorde l’usufruit et la propriété de son château de Marchin, entre Huy et Modave, avec leurs dépendances et revenus attachés. De même, si le vicomte de Namur n’acceptait pas la succession précitée, son épouse et son fils se partageraient les mêmes usufruit et nue-propriété.
En contrepartie de ces legs, Madame d’Harscamp impose aux bénéficiaires précités de constituer en sus une nouvelle rente de deux mille francs, argent de France (9), au profit  des pauvres malades, des pauvres vieillards, des pauvres veuves, des pauvres orphelins et des pauvres infirmes, habitans de la commune de Marchin et de ses dépendances.
Cette rente correspondant à une «petite fondation» sur laquelle nous reviendrons, devra d’abord recevoir l’accord du gouvernement français. Elle sera alors payable en douzièmes mensuels et devra être distribuée en argent comptant ou en grains par le bureau central de Bienfaisance de Havelange, dont dépend Marchin, le dit bureau étant chargé d’établir les certificats d’indigence des demandeurs de cette distribution aux accents quelque peu paternalistes.

2.  D’autre part, à son filleul Pontian de Chennevière, Madame Isabelle d’Harscamp lègue son château de Rendeux-Saint-Lambert, entre Hotton et La Roche-en-Ardenne, avec les fonds et rentes qui y sont attachés, aux mêmes conditions que celles émises pour le vicomte de Namur d’Elzée, à savoir la reconnaissance d’une rente de six cents francs (plus de 2.000 €) en faveur des pauvres de la localité. Ici, c’est le bureau central de Bienfaisance de La Roche qui en assurerait la distribution effective, après accord de Paris.

Autres dispositions nominatives

Nous ne nous étendrons pas sur les legs particuliers faits aux différents membres de la famille de son mari, ni sur les rentes viagères qu’elle souhaite accorder aux diverses personnes qui furent à son  service où qu’elle côtoya.  Toutes ces attentions montrent qu’Isabelle d’Harscamp voulait  traduire son affection à toute une série de personnes, soit en leur faisant cadeau de ses bijoux, bracelets, argenteries, «cure dent» en or, épingles à brillants, tableaux , etc., soit en leur accordant le bénéfice d’une rente viagère comprise entre cent et quatre cents francs :  montant qui s’éteindra au décès du bénéficiaire de la rente ou si les conditions matérielles de celui-ci s’améliorent (p. 17 à 24).
Vis-à-vis de petits débiteurs, dont le montant de la rente est inférieur à 20 francs, et qui justifient de leur état de pauvreté actuel, Isabelle d’Harscamp va même jusqu’à leur faire décharge totale de leurs arrérages. Elle demande également que les aumônes qu’elle-même et son mari avaient l’habitude, via les receveurs de leurs domaines, d’accorder aux pauvres, aux vieillards et aux indigents, continuent à leur être versées aussi longtemps que nécessaire (p. 24).

Partager cet article

 

Google Analytics Tracking Module

" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

Ouvri
Fermer