| L’inventaire et la réalisation des biens meubles de la testatrice |
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Entre 1800 et 1805, Madame d'Harscamp, à son retour d'Allemagne, rendit visite à de nombreux amis en Belgique, élut domicile chez le baron d'Obin à Wasseiges, séjourna en son château de Marchin ou en l'hôtel namurois du vicomte d'Elzius où elle décéda le 8 mai 1805.
Les exécuteurs testamentaires font procéder à la levée des scellés et à l’inventaire de tous les biens meubles, papiers, vaisselle, bijoux et argents afin de les vendre et de consacrer les sommes ainsi recueillies aux rentes qu’Isabelle Brunelle destine aux membres de sa famille. Le premier levé des scellés a lieu le 17 mai 1805 à l’hôtel namurois du vicomte de Namur d’Elzée en présence du notaire César qui commence de suite son inventaire. Le deuxième débute le 28 mai au château de Wasseiges, où Isabelle Brunelle disposait de deux chambres. L’inventaire est effectué par le notaire Toussaint et dure plusieurs jours. Dans un coffre, il a été retrouvé environ dix mille couronnes de France et impériales. Tout est inventorié : argenterie, habillement, linges, archives, titres liés à des rentes, etc. Le 11 juin, le vicomte de Namur d’Elzée envoie des chariots pour ramener en son hôtel de la rue de Fer à Namur, l’argenterie, l’argent et les objets légués. Le 9 juin, c’est au tour du château de Fernelmont où le receveur Dubois se rend pour la levée des scellés et la confection de l’inventaire des meubles qui s’y trouvent, avec le notaire Genot. Un mois plus tard, il procédera à la vente aux enchères publiques de tout ce mobilier, ainsi que les grains stockés dans les greniers du château de Bierwart. Enfin, à partir du 18 juin, est effectué l’inventaire du château de Marchin, devant le notaire Lambotte (35). La vente des meubles y débute le 16 juillet et dure trois jours. La veille il a été procédé à Namur à la vente «à la hausse» de la vaisselle d’argent de valeur. Pour éviter des amendes, elle avait été poinçonnée et taxée. Le montant de toutes ces ventes se retrouve dans les décomptes que les divers receveurs présentent aux exécuteurs testamentaires mais ils ne sont pas étudiés dans le cadre de cette parution. Plus difficile et plus longue est la vente de la vaisselle «platte», ou courante. La solution retenue est de la vendre comme métal. Après plusieurs interrogations d’orfèvres dont les offres furent jugées insuffisantes, il est alors décidé de procéder par soumissions secrètes. Le 20 novembre 1805, le baron d’Auvin achètera cette vaisselle pour le prix de 7163 florins, 6 sols et 6 deniers argent courant de Brabant, à payer dans les trois mois (environ 13.000 francs ou 45.500 c). L’argent en espèces sonnantes et trébuchantes Parallèlement à l’inventaire des meubles, il est procédé au comptage des avoirs qui se trouvaient dans divers coffres : les sommes ainsi recueillies sont comptabilisées pour constituer les rentes sur lesquelles nous nous expliquerons par la suite. Chez Monsieur le baron Obin à Wasseiges, il est compté dans un coffre-fort, conformément à l’inventaire fait par le notaire Toussaint les espèces suivantes :
Dans les cassettes que Madame Isabelle d’Harscamp détenait à Namur, le notaire César inventorie le 17 mai 1805, en présence du juge de paix du canton de Namur
Il n’est pas tenu compte de 106 carolins et de 2 pièces d’or de Salzbourg qui ne sont pas cotées. Enfin dans trois coffres-forts qui se trouvaient chez le receveur Dubois, selon inventaire fait par le notaire Delbecq de Namur, le 19 juillet 1805, il sera compté
Soit un total global de 286.290 francs et 87 centimes en argent comptant, dont les exécuteurs testamentaires retirent toutes les pièces non cotées, trop légères, «rognées», pour un total de 13.885 francs et 1 centime. Ce montant est déduit pour laisser une somme disponible à vue de 272.405 francs et 86 centimes. – l’équivalent de plus de 950.000 euros en espèces ! Comme les exécuteurs ont pour objectif de ne rien laisser en suspens, ces pièces seront examinées par l’essayeur-juré du département, M. Lamury, afin de vendre les pièces d’or à Liège et celles d’argent au poids à Namur (36). Ainsi donc, c’est presque l’équivalent de trois cent mille francs, argent de France, qui seront à la disposition des exécuteurs testamentaires, qui vont pouvoir en disposer pour constituer les rentes léguées aux parents de la branche paternelle d’Isabelle Brunelle. Trois cent mille francs, c’est la valeur d'une petite dizaine d'hôtels de maître à Namur en ce début du XIXe siècle ! |
Cécile Douxchamps-Lefèvre