| L’ assemblée générale extraordinaire des 24 et 25 juin 1812 |
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Fin juin 1806 se déroule une assemblée générale extraordinaire des parents de Monsieur d’Harscamp avec les membres de la Commission administrative des hospices civils : première rencontre officielle entre les deux acteurs de la nouvelle Fondation, les Collateurs comme on les désigne aujourd’hui et la Commission des hospices de la ville de Namur. Celle-ci est convoquée par le préfet, comme l’y enjoint l’art. 8 du décret impérial du 26 septembre 1811. La relation de cette première assemblée (81) servira de conclusion à notre présente étude.
Assemblée générale extraordinaire du 24 juin 1812 Préalablement à l’assemblée générale, quarante parents de feu Monsieur d’Harscamp s’étaient réunis le 22 juin à l’hospice sous la présidence de Monsieur Henry-Claude de Namur d’Elzée. L’assemblée générale du 24 juin est présidée par le maire de la ville de Namur, Baudhuin de Gaiffier, qui est également président de la Commission administrative des hospices civils. Il est accompagné de M. Adrien Ancheval, vice-président, de MM. Jean-Michel Maus, Pierre Darrigade, Louis de la Roche et Isidore Fallon fils, avocat, tous administrateurs, ainsi que de M. Louis Marie Watter, secrétaire. Premier petit incident : pour les parents, le testament et le règlement de 1811 attribuent la nomination du président de l’assemblée aux Parents et aux membres de la Commission réunis, à la majorité des voix. Pour le maire, c’est à lui seul que revient la prérogative de présider toutes les assemblées de bienfaisance de la ville, y compris celle-ci (82). Le premier point abordé concerne les nominations et traitements des premiers employés : celui du receveur sera de 600 francs par an (2.100 €) ; M Gallez est nommé directeur avec un salaire annuel de 1200 francs (100 francs ou 350 euros mensuels) mais recevra en plus le chauffage et la lumière, ainsi qu’une indemnité de 200 francs pour le déplacement de son mobilier vers son logement à l’hospice. M. Denis est nommé médecin, M. Jamart aîné, chirurgien, et M. Briart, pharmacien, avec une indemnité annuelle chacun de 200 francs (700 €). Quant à l’aumônier qui sera demandé à l’évêque Mgr Pisani de la Gaude, il recevra 600 francs par an, plus le feu et le logement. Quant aux deux surveillants qui assumeront la police intérieure, leur indemnité mensuelle est fixée à 5 francs (20 €). Certains chiffres, même actualisés, laissent pantois ! Les participants confirment les dates des deux assemblées générales annuelles, comme il est prévu à la page 46 du testament : il s’agira des 15 mai et 15 novembre de chaque année83. Des problèmes matériels sont ensuite abordés, comme les travaux à effectuer à l’hôtel d’Harscamp, marché de l’Ange, patrimoine de la Fondation. Comme les dépenses sont gérées par la Commission, les devis, plans et autres pièces sont retournées au préfet pour obtenir des autorités supérieures l’autorisation d’entreprendre les travaux. La journée se termine avec l’adjonction de M. de Quarré et Frédérick de Ponty à la Commission qui se réunira à part pour rédiger un règlement intérieur plus détaillé. Suite de l’Assemblée générale extraordinaire le 25 juin 1812 Les premières années, il n’est pas rare de voir les assemblées des Parents et de la Commission se réunir sur deux jours, vu le nombre de points à l’ordre du jour. L’assemblée délègue M. d’Elzée, le comte de Croix et M. de Quarré pour entamer à Paris les démarches préliminaires à l’obtention de sœurs de la Charité ou hospitalières, en nombre suffisant, pour le service des infirmeries et autres tâches. Concernant les messes fondées à Aix-la-Chapelle, l’assemblée se rallie à la proposition du ministre des Cultes, à savoir 120 francs (420 €) pour la grand-messe à la cathédrale (contre 387 francs réclamés par l’évêque) et 150 centimes (5,25 €) pour les messes quotidiennes à l’église Saint-Jacques (au lieu de 2 francs). Quant aux fonds nécessaires pour les distributions de pain (120 francs à la cathédrale et 30 francs chaque dimanche à Saint-Jacques), il est décidé d’y employer des capitaux actuellement disponibles dans la Fondation, au taux de 5%. Ce qui représente un capital à constituer de 2.347,50 francs ou quelque 8.200 € ! En vue de la prochaine mise en activité de l’hospice, il sera tout fait pour rentrer les fermages et autres produits appartenant à la Fondation, et principalement le capital placé sur les biens du duc de Croy. Par ailleurs, il est demandé à ce que le futur hospice, vu son objet, soit soustrait à la contribution qui est versée à la caisse communale du dépôt de mendicité. Il est procédé à la nomination de quatre parents qui examineront les comptes du receveur de l’hospice et feront rapport à la future assemblée des Parents. Dernier point technique : les lits et les fenêtres de l’infirmerie seront équipés de rideaux et de ciels. Pour conclure, le traitement annuel du secrétaire de la Commission des hospices est augmenté de 300 francs (plus de 1.000 €) pour le travail qu’il accomplira pour la Fondation. Ainsi s’achève l’ordre du jour de cette première assemble générale qui précède l’installation des premiers pensionnaires trois mois plus tard. On peut peut-être s’étonner qu’il ne soit fait aucune allusion à la manière dont s’organisera l’inauguration … |
Cécile Douxchamps-Lefèvre