Fondation d'Harscamp

 

 

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Fondation d'Harscamp
Les fondements Du testament à l'Hospice L’aménagement de l’hospice d’Harcamp
L’aménagement de l’hospice d’Harcamp Imprimer Envoyer
La société archéologique de Namur possède dans ses collections un plan non daté signé par l’architecte Bastin et qui donne les changements projetés pour l’établissement de l’hospice d’Harscamp (71). A défaut de découvertes ultérieures qui infirmeraient notre hypothèse, il est très probable que ce plan fut suivi pour les aménagements qui furent exécutés entre 1808 et 1812. Contrairement au plan Durant qui ne reprend que des bâtiments en masse, celui de Bastin est très détaillé quant aux espaces intérieurs. De plus, il indique en rouge les murs et éléments (niveau rez-de-chaussée) qui doivent être démolis et en jaune ceux qui doivent être reconstruits. En plus de la salle capitulaire octogonale, sous l’actuelle cafetaria, qui disparaît au centre du couvent, l’élément le plus important nous semble être la reconstruction d’une bonne partie des baies coté Meuse, entre la salle de réunion actuelle des Collateurs et l’ancien secrétariat de la présidence du CPAS. Il en découle que le rythme et l’homogénéité des fenêtres si caractéristiques de la façade coté jardins sont vraisemblablement dus à des travaux effectués vers 1810.

La légende de ce plan apporte un certain nombre d’informations quant à la répartition interne des fonctions. En entrant par le porche principal, à coté de l’église Notre-Dame, on a le logement d’un portier, suivi par des ateliers et des pièces réservées à la lingerie. Après la salle réservée aux Collateurs, dans la partie modifiée, on trouve des magasins pour les lits et autres meubles, ainsi que des latrines installées au-dessus du Houyoux. Les locaux de l’ancienne présidence du CPAS, après l’escalier et un passage vers le jardin, sont affectés à plusieurs cuisines, à proximité immédiate d’une citerne extérieure et d’une cave sous le bâtiment principal, suivies par une buanderie et la boulangerie. Après un escalier menant au quartier des hommes et le porche entre cour et jardin, se trouvent trois pièces de stockage de tout ce qui sert au chauffage. Un bâtiment aujourd’hui disparu, à hauteur du transept sud de l’église, sert de remises sur caves. Un jardinet avec préau à usage de cour intérieure le sépare de la grande salle utilisée comme réfectoire commun (actuelles cuisines). Le cloître ancien a dû subir une reconstruction vers 1810, suite à la destruction de la salle capitulaire et d’un réaménagement spatial intérieur. D’autres bâtiments, genre remises, sont accolés à l’église Notre-Dame. Entre le couvent proprement dit et le jardin proche de la petite sortie rue de Gravière, quelques bâtisses avaient servi comme ancienne draperie. Enfin, sous l’église Notre-Dame, un passage permet l’accès entre la rue Saint-Nicolas et les bâtiments de service du couvent. Deux caves sous l’église et des réserves sous les sacristies complètent ce vaste ensemble.

Où se situent les quartiers hommes et femmes ? Il semblerait, d’après le plan Bastin, que les femmes occupent l’étage de l’aile ouest et la nouvelle aile sud reconstruite, auxquels trois escaliers donnent accès. Quant aux hommes, ils logeraient dans l’ancienne aile Meuse non reconstruite ainsi qu’à l’étage du bâtiment de service dans la cour intérieure. Trois escaliers mènent vers leurs quartiers. Il n’est pas fait allusion à des infirmeries, car elles ont dû être aménagées plus tardivement, entre le couvent et l’actuelle rue d’Harscamp. Il y a beaucoup de probabilité pour que les chambres n’en aient que le nom et que ce sont des dortoirs qui sont aménagés et séparés par de simples cloisons. Les détails manquent à ce sujet. 

Il est probable que la façade néo-classique donnant sur le parvis de l’église Notre-Dame, avec l’inscription en lettres romaines «Hospice d’Harscamps» a été élevée entre ces années 1808-1812. Par rapport au plan, beaucoup de bâtiments anciens n’existent plus, suite aux aménagements du 19e siècle, au bombardement du 23 août 1944, aux reconstructions qui ont suivi et à des nouvelles destructions vers 1974. Si le plan masse des bâtiments anciens peut encore être lu pour le bâtiment principal, il en va tout autre pour les annexes côté rue (du Trou) de Gravière où les constructions ultérireures en modifieront complètement l'aspect.

Le début des années 1810 sera également mis à profit pour équiper le nouvel hospice. Qu’on ne s’imagine pas que celui-ci corresponde à nos critères modernes : les hospitaliers dorment dans des dortoirs non chauffés, une cloison coupe le réfectoire et sépare les hommes et les femmes, les conditions sanitaires et d’hygiène sont encore lamentables et la promiscuité assez forte. Il faut acheter literie, tables, chaises et matériel de cuisine. Une partie de l’équipement sera toutefois constitué par tout ce que les hospitaliers seront obligés de laisser à leur décès. 

Le règlement d’ordre intérieur de l’Hospice d’Harscamp

Une fois décidé où s’installera le futur hospice, il faut penser l’organiser. Deux thèses vont tout au long du XIXe siècle, sinon s’affronter, du moins s’accrocher fréquemment. Celle de la Commission des Hospices civils qui depuis le 7 décembre 1797 a pris la direction des hôpitaux et divers établissements de charité de la ville et les gère selon les règlements français (72). Pour rappel, à cette époque, la Commission a déjà la gestion de l’hospice Saint-Gilles (73) et de l’hôpital Saint-Jacques (74). Il est normal dès lors qu’elle envisage d’introduire au sein de l’hospice d’Harscamp une organisation et des usages qu’elle pratique ailleurs, certes dans l’esprit du testament d’Isabelle Brunelle mais surtout dans le cadre et le respect des lois françaises. L’autre thèse, celle des Parents, prône une stricte observance des intentions de Madame d’Harscamp … et le maintien d’un droit de regard et d’initiative pour la Fondation.

Un premier projet est proposé courant 1807 : dans un mémoire daté du 3 décembre 1807 adressé à son administration, le préfet Pérès avance trois modifications par rapport aux instructions testamentaires.

La première concerne l’hôtel d’Harscamp désigné au testament :  mais l’ayant considéré inapproprié, le gouvernement a déjà promulgué le 8 septembre 1807 une loi autorisant l’acquisition du couvent des Récollets.

La deuxième modification apportée par le préfet concerne le délai de nomination des pensionnaires admissibles : au cas où les exécuteurs testamentaires (pour les premières nominations) ou les parents de Monsieur d’Harscamp (pour les suivantes) ne nommaient pas les bénéficiaires dans le délai prévu au règlement (p.46 et 47), la Commission y pourvoirait d’office sans attendre la prochaine réunion des Collateurs. Pérès ajoute aussi une condition d’admission non inscrite par la testatrice, mais qui paraît naturelle, puisque l’hospice est établi à Namur, de sorte qu’on devra justifier avoir un domicile acquis à Namur, ou au moins dans le département. Cet ajout est justifié par le souci d’éviter les contestations et autres difficultés (75).

Enfin, pour le préfet, la recette des revenus de l’hospice ne peut être confiée au directeur, tel qu’il est désigné par le testament (p. 44). La régie et l’administration des biens des hospices appartiennent aux seules Commissions administratives établies par l’article 6 de la loi du 16 Messidor an VII (4 juillet 1799) et les articles 7 et 8 du décret du 7 floréal an XIII (28 août 1805) définissant par qui les dépenses doivent être ordonnancées et autorisées. Aussi Pérès se voit obligé de distraire la recette des fonctions du directeur, pour la remettre aux mains d’un receveur particulier, régissant ainsi l’hospice d’Harscamp comme tous les autres établissements.
Début 1808, Monsieur de Croix assiste à une audience du ministre de l’Intérieur à Paris, en même temps qu’un membre de la Députation du département de Sambre-et-Meuse. Il est étonné d’apprendre que ce dernier sollicite la prompte homologation d’un règlement relatif à l’hospice d’Harscamp sans que les parents eussent été appelés à y concourir. Après avoir protesté sur le champ et mis opposition à l’adoption d’un tel règlement qui ne tiendrait pas compte des droits des Parents, il adresse une lettre le 10 février 1808 à  Monsieur de Namur d’Elzée pour le tenir au courant de sa démarche. S’étant fait remettre une copie de ce dossier, Monsieur d'Elzée rassemble immédiatement quelques parents pour adresser au Ministre une requête car si on avait agréé le règlement tel qu’il est proposé, l’influence des parents de Mr d’Harscamp devenait absolument nulle (76).

Force à l’administration des hospices de faire marche arrière : les Parents sont admis à formuler leur propre règlement qui tient compte des intentions de la testatrice, et leur accorde une place plus équilibrée dans l’organisation interne, le tout dans le respect de la réglementation légale en la matière. C’est finalement ce règlement à peine amendé par l’administration que Napoléon signe le 26 septembre 1811 des bords du Rhin où il se trouve (77). Il est ensuite transmis au préfet Pérès qui le promulgue le 25 janvier 1812 afin que les mesures soient prises pour mettre le nouvel hospice en activité, sous le plus bref délai.

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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