Fondation d'Harscamp

 

 

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Fondation d'Harscamp
Les fondements Du testament à l'Hospice Etablissement des legs pour la famille Bruchman
Etablissement des legs pour la famille Bruchman Imprimer Envoyer
Pour la branche «maternelle» des parents d’Isabelle Brunelle, une seule rente viagère de quinze cents francs avait été constituée en 1798 pour la tante d’Isabelle Brunelle, Madame Marie-Barbe Bruchman, née Tilman. Cette pension aurait du être acquittée par M. De Grass sur le produit des rentes que la légataire percevait sur la ville d’Aix-la-Chapelle. Mais les faits de guerre rendent ce paiement impossible. Ses trois enfants reçoivent chacun un capital libellé en obligations sur la banque de Vienne d’une valeur totale de 70.000 florins au cours de Vienne et portant intérêt de cinq pour cent  ;  son petit-fils recevra une même obligation d’une valeur de 10.000 florins assorties d’un titre de 2.500 florins d’un emprunt Loterie émis par la banque. Toutes ces obligations sont détenues par les banquiers Fries de Vienne, parmi un montant global important de 356.200 florins, argent de Vienne, l’équivalent de 904.641 francs, argent de France (3.200.000 €). 

Les exécuteurs testamentaires se chargent donc de faire revenir à Namur l’ensemble de ces obligations (42),  pour remettre aux héritiers leur part, le solde rentrant dans la succession et devant financer l’établissement de l’hospice namurois. Seules deux obligations sont directement transcrites et remises à Jean-Chrétien Bruchman qui réside à Vienne (43). Le 17 août, les exécuteurs testamentaires reçoivent les obligations en retour ainsi que le récépissé des 10.000 florins remis au précité. Les titres sont remis aux héritiers par l’intermédiaire de M. Vossen. Mais les mois qui suivront verront se dérouler une saga sans fin concernant la valeur que représentent ces obligations. Avec la guerre que Napoléon mène à partir de septembre 1805 en Allemagne, puis au cœur de l’empire autrichien, les cotations viennoises s’affolent sur l’ensemble des places boursières. Dès le 20 novembre, les exécuteurs reçoivent une lettre de Madame Krakamp pour que la succession lui bonifie la valeur réelle de son legs. Il lui sera répondu qu’en ce qui concerne la perte de valeur des actions de la banque de Vienne, le testament ne fait que lui léguer ces actions, sans égard à la valeur qu’elles pourraient avoir en plus ou en moins.

Diverses réclamations émanent à cette époque du clan Bruchman, montrant un début de nervosité dans le climat politique ambiant. Mme Krakamp revient à la charge en réclamant les arrérages d’une pension de cent écus que Madame d’Harscamp faisait payer à sa mère depuis onze ans. Les exécuteurs temporisent en répondant qu’ils consulteront M. Vossen pour vérifier que ceux-ci n’auraient pas été payés sur les revenus d’Aix-la-Chapelle. Monsieur Bruchman relaie la même demande en décembre en exigeant que la succession prenne à sa charge la perte que les obligations léguées sont en train de subir (44). Mais pas question pour le vicomte de Namur d’Elzée et ses collègues de céder à ces réclamations, d’autant plus qu’ils suivent de très près les cours boursiers et interrogent les banquiers pour connaître la marche à suivre : vendre ou conserver ces obligations autrichiennes ?  Le problème ne pourra être solutionné durant l’exercice de leur mandat (45).

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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