| Équivalence entre les francs et l'euro |
|
|
|
Couramment appelée franc Germinal (lois de germinal an XI - 28 mars et 7 avril 1803), la monnaie imposée par Napoléon sur tous les territoires conquis par la République est définie comme suit : cinq grammes d’argent, au titre de neuf dixième de fin, constituent l’unité monétaire qui conserve le nom de franc.
Le métal argent est donc choisi comme étalon et l’or lui est subordonné dans un rapport de 15,5 à 1. La pièce de 1 F pèsera donc 5 grammes, au titre de 900 millièmes, soit 4,5 grammes d’argent pur, qui correspondent à 290 milligrammes d’or. Cette parité sera maintenue durant tout le XIXe siècle jusque et y compris la 1ère guerre mondiale : pendant 125 ans, le franc germinal ne connaît ni dévaluation ni réévaluation ! Le franc français devient également la monnaie de plusieurs pays, la jeune Belgique indépendante l’adoptant en 1832, avec la même parité. Une telle parité métallique inchangée permet de dire que la situation du franc jusque 1914 est relativement stable. Mais il ne s’agit que d’une stabilité monétaire, légale, abstraite, qui n’a pas empêché la diversité, le désordre ou la confusion au niveau des pièces de métal (argent et or) en circulation pendant la même période. La stabilité des prix, synonyme de non-inflation, semble pouvoir aussi qualifier cette période, même si, en tendance séculaire, une légère orientation à la baisse des prix de gros équilibre une propension lente à la hausse des prix de détail. Malheureusement il n’existe aucune statistique permettant de mesurer avec précision ces évolutions pour le XIXe siècle : aussi, pour la période 1800-1900, on considérera que l’absence d’inflation correspond à une valeur stable de la monnaie, les fluctuations de prix nombreuses et d’assez forte amplitude, avec des pointes et marquant des cycles répétitifs de hausse et de baisse, finissant par s’annuler durant le XIXe siècle. Il n’en est plus de même au XXe siècle, où les deux conflits mondiaux, les dévaluations qui suivirent surtout la première, les crises économiques à répétition et les nationalismes font éclater ce système de stabilité monétaire et des prix. Les politiques de convergence et la création de l’euro à la fin du siècle dernier ramènent une certaine stabilité. En se basant sur les statistiques de l’INSEE pour les années 1901-2005 et l’histoire des monnaies entre 1913 et 2001 (Quid.fr/2006/Finances_Publiques/Histoire_Des_monnaies), on peut avancer les chiffres suivants, tenant compte de la dépréciation monétaire :
Ainsi donc, si l’on considère que la valeur monétaire des deux francs ne connaît ni dévaluation, ni réévaluation durant tout le XIXe siècle (parité fixe entre les francs belge et français, valant tous deux 4,5 grammes d’argent fin) et que l’inflation est nulle pendant la même période (hypothèse peu probable mais invérifiable), les données connues pour les premières années du XXe siècle seront extrapolées à l’ensemble de la période 1803-1900, à savoir que 100 francs français de 1803 ou 100 francs belges à partir de 1832 équivalent à ceux de 1901 et représentent pour l’ensemble du XIXe siècle quelques 340 euros en 2005, soit un rapport de 1 à 3,4. Aussi, sur base des considérations qui précèdent et avec toutes les réserves qui peuvent être apportées à la démarche, tous les francs (français, puis belges) cités dans cet article, ainsi que dans celui traitant de l’histoire de la Fondation et de l’hospice d’Harscamp jusque 1914, seront multipliés par 3,5 pour obtenir une approximation actuelle en euros, Ce coefficient multiplicateur nous semble être un minimum mais suffira déjà pour nous offrir quelques surprises … Nous n’hésiterons pas, si nécessaire, à arrondir quelque peu vers le haut les conversions importantes ainsi obtenues pour les rendre directement compréhensibles par nos contemporains. Exprimé d’une autre façon, pour la période allant de 1803 jusqu’en 1914, il faudrait multiplier tous les francs argent de France par 140 (40,3399 x 3,5) pour obtenir une pseudo équivalence avec les ex-francs belges d’avant l’euro de 2002 et par 23 (6,55957 x 3,5) en ce qui concerne les francs français de 2002. Ce qui permet, au travers de quelques exemples, d’estimer des ordres de grandeur par rapport à aujourd’hui plus que des valeurs absolues ( les montants importants seront volontairement arrondis) :
|
Cécile Douxchamps-Lefèvre