Fondation d'Harscamp

 

 

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Fondation d'Harscamp
Insertion namuroise 200 ans de rapports Les fermes de Strée et de Fayat
Les fermes de Strée et de Fayat Imprimer Envoyer
En l’absence de toute mention explicite tant dans le testament que dans les documents consultés aux fins de rédaction de ma contribution, je me perds en conjectures sur l’origine, au sein du patrimoine de la fondation, d’une ferme située à Strée.  Quoiqu’il en soit de cette origine, cette ferme devait assez tôt sortir de ce patrimoine :
Nous avons l’honneur de vous informer que pendant l’exercice écoulé, une occasion s’est présentée de faire un acte avantageux pour l’établissement et que nous ne l’avons pas laisser échapper.  Monsieur le Baron de Rosen, nous ayant témoigné un vif désir d’acquérir la ferme de Strée, appartenant à l’hospice et située dans l’arrondissement de Huy, nous lui répondîmes que pour une vente il ne devait pas y songer, mais que s’il avait d’autres immeubles à céder en échange et qu’il en résultât un avantage évident pour l’hospice, on pourrait entrer en négociation.  Il nous fit en conséquence la proposition d’acquérir la ferme de Fayat, située dans l’arrondissement de Namur et de la donner en échange de celle de Strée.  Des experts, choisis par nous, visitèrent et évaluèrent les deux propriétés. Le résultat de leur examen consciencieux fut que la ferme de Fayat valait 160,000 francs et celle de Strée 112,740 francs.  La soulte à payer par l’hospice pour égaliser les lots eut été de 47,260 francs ; mais malgré l’avantage d’avoir une propriété située à proximité du siège de la fondation en place d’une autre qui en est éloignée nous crûmes devoir stipuler des conditions plus favorables et après une correspondance suivie et des entrevues réitérées nous obtinmes l’échange moyennant une soulte de 30,000 francs seulement.

Cet échange, dont la relation est extraite du rapport de la Commission des hospices civils lors de la séance de l’assemblée des parents du 16 mai 1845, sera à l’origine d’un conflit de plus de 15 années entre la commission et la famille (on lira dans le supplément à l’Organe de Namur des 17 et 18 novembre 1862 « une discussion, longue, animée s’éleva entre les conseillers communaux, entre les avocats, entre les journaux mêmes de la localité et malgré tous ces interprètes tant officiels qu’officieux, la question n’est pas plus avancée qu’en 1845 »), conflit portant sur les rôles respectifs des deux organes chargés de l’administration de l’hospice d’Harscamp.  Cette difficulté, ce conflit se traduira par de longues procédures tant administratives que judiciaires – ces dernières se terminant devant la Cour de Cassation.
Le rapport présenté à l’assemblée générale du 15 mai 1865 fait état de la relocation de la ferme de Fayat, pour un terme de 12 années - alors que le bail précédent était de 9 ans - au locataire précédent Jean-Joseph Gosset au prix annuel de 6,480 francs (14).  Il est encore question dans le rapport de 1877 de la remise en location : au cours de la séance du 27 avril 1877 de la Commission administrative eut lieu la remise en location aux anciens locataires, Messieurs Gosset père et fils, pour un terme à nouveau de 12 années et moyennant un rendage annuel de 7,800 francs.
Le rapport des opérations de gestion au cours de l’année 1881 nous indique que le bail conclu avec le sieur Jean-Joseph Gosset a été résilié à la date du 1 mai 1882, résiliation accordée à la demande du locataire qui, par suite du prix élevé de son fermage et des pertes essuyées dans ses récoltes, se trouvait dans l’impossibilité de continuer son exploitation.  Cette ferme, dont la contenance est pour la première fois indiquée et fixée à 51 hectares 69 ares, est relouée par acte du 10 septembre 1881 aux sieurs Théodore Calomme et Joseph Dessy à Saint-Martin à nouveau pour un terme de 12 ans et moyennant un prix annuel de 5 400 francs.
Selon les données du rapport présenté le 15 mai 1893, la ferme de Fayat dont la contenance est ici fixée à 51 hectares 89 ares et 21 centiares, est relouée au 1er mai 1894 au sieur Jean-Baptise Brichard pour un terme de 9 années et moyennant le rendage annuel de 4 050 francs.
Ces diminutions du loyer sont considérées comme normales par la Commission : « elles n’ont d’autres causes que l’avilissement des céréales et la persistance de la crise agricole ».
Ce bien sera cédé, probablement au cours de l’année 1893 (15) au titulaire du droit de chasse sur les terres dépendant de la ferme : nous pouvons lire dans le rapport à l’assemblée du 15 mai 1894 : « Ensuite d’un arrêté du 11 juillet (courant ?) de la députation permanente nous avons procédé le 11 août 1894 par le ministère de Maître Eloin, Notaire à Namur, à la vente publique sur une mise de 170,000 francs offerte par Monsieur Emile Henricot à Court-Saint-Etienne de la ferme de Fayat comprenant bâtiments d’habitation et d’exploitation, jardin, verger, terres en culture et prairies d’une contenance totale de 51 hectares 84 ares 73 centiares sise sur les communes de Saint-Martin-Balâtre, Onoz et Auvelais.  Cette offre n’ayant pas été surenchérie, la propriété a été définitivement adjugée à Monsieur Henricot pour le prix de 170 000 francs. La Fondation d’Harscamp a été propriétaire de la ferme de Fayat ensuite d’un échange opéré le 22 novembre 1844 avec Monsieur le Baron Hyacinthe de Rosen de Haeren. Le revenu annuel de cette ferme après déduction des charges d’entretien et autres, n’était que de 3,597 frs 02 soit environ 2 ½ % ».

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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