Fondation d'Harscamp

 

 

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Insertion namuroise 200 ans de rapports L’Hôtel d’Harscamp
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L’Hôtel d’Harscamp
13 août 1863
A Charles.
Je t’écris mon Charles aujourd’hui jeudi. Demain matin vendredi cette lettre partira. Tu la recevras après-demain samedi 16 au soir ou au plus tard dimanche 17, matin. Je suppose tous tes préparatifs faits. Préviens notre excellent et cher ami M. A. Busquet, immédiatement. - Après-demain matin samedi 16, je quitterai Guernesey. Je serai à Londres le soir. Dimanche soir je partirai pour Douvres et de là pour Ostende. Nous serons à Ostende lundi matin. Je partirai sur-le-champ, je brûlerai Bruxelles (où je ne veux même pas qu’on sache mon passage), et je serai à Namur vers deux ou trois heures après midi le même jour lundi 18. C’est donc lundi 18 que je t’attends à Namur, hôtel d’Harscamp. Tâche d’y être quand j’arriverai. Nous partirions immédiatement pour Dinant, et dés le lendemain mardi 19, nous serions en voiture et en route. J’ai fait écrire à Dinant à l’Hôtel des Postes pour retenir une voiture.
Ta mère ne sait pas trop encore quand elle quittera Guernesey. Elle veut aller à Paris par Cherbourg, et tu sais combien les départs par la Reine des îles sont incertains, capricieux et ajournés.
Donc, mon Charles bien-aimé, à lundi 18. Rendez-vous Namur, hôtel d’Harscamp. Pars bien vite. Je serai bien heureux de serrer la main de mon charmant et cher poète Busquet. Je t’embrasse, mon Charles bien-aimé. Soyez exacts. Quel bonheur d’être avec toi! Et je t’embrasse encore.
V.
Mme Drouet te portera tes bouquins. Elle est bien heureuse de te voir. Elle me recommande de te le dire.

Bien que la Fondatrice aie formé le vœu que sa maison à Namur abrite l’hospice qui porterait le nom de son époux, son testament nous indique également qu’elle concevait que cet immeuble n’y suffirait peut-être pas.
La première mention de l’affectation de l’immeuble parmi les documents consultés date du 15 novembre 1853, et est relative à la prolongation du bail de l’Hôtel à un sieur Hoogen jusqu’au 24 juin 1866, sous la condition que le locataire y fera « exécuter à ses frais une glacière et divers travaux aux bâtiments ».
Le rapport présenté à l’assemblée du 15 mai 1874 indique que le bail en cours (16) prendra fin le 24 juin 1875 et il est débattu en séance des mesures nécessaires pour remettre à bail l’exploitation de cet hôtel et l’année suivante, le rapport mentionne la reprise en location par Monsieur Frédéric Hoogen, « par acte avenu le 11 septembre dernier devant maître Eloin, notaire en cette ville, pour un terme de neuf années et moyennant un loyer annuel de 8 000 francs, payable par semestre ».
Ce bail sera renouvelé au 24 juin 1884 à nouveau pour un terme de neuf années (acte du 28 décembre 1883 du notaire Eloin), mais moyennant une diminution de 500 francs du loyer annuel.  Lors de ce renouvellement, divers locaux et parties de l’immeuble (17) sont soustraits de l’objet du bail en vue de la construction de quatre maisons de commerce rue des Fossés (actuellement rue Emile Cuvelier).  Le rapport présenté à l’assemblée du 15 mai 1885 signale que « les travaux de construction de quatre maisons de commerce (…) sont presque terminés et l’une de ces maisons est déjà louée.  La dépense résultant de la construction de ces quatre maisons, travaux supplémentaires compris, est de frs 82.700 ».  Ces quatre immeubles font toujours actuellement partie du patrimoine de la Fondation ; ils ont fait (n° 15 et 23) font actuellement (n° 21) ou feront (n° 17) l’objet de travaux de rénovation (18).  On notera également que ces immeubles, à l’exception du n° 15, rendus totalement inhabitables à la suite du bombardement du 18 août 1944, ont fait l’objet de travaux de reconstruction en 1946 pour un montant total de 1.060.303,01 francs, financés au moyen des indemnités de dommages de guerre (19).
Le rapport 1893 nous informe du renouvellement du bail de l’hôtel, pour un nouveau terme de neuf ans et aux conditions du bail précédent, aux frères Frédéric et Guillaume Hoogen.  Ce bail sera résilié (fin 1896 ?) et un nouveau bail conclu par acte du 26 janvier 1897 avec Frédéric Schoeffter et son épouse Mary Disy, pour un terme de douze ans à dater du 1er février 1897 et moyennant un loyer annuel de 8 250 francs (20).  Ce bail sera renouvelé (21) par acte du 1er octobre 1910, pour un nouveau terme de douze années à dater du 1er février 1911, moyennant un loyer annuel de 8 000 frs pendant le 1er triennat, 8 500 frs pendant le second triennat, et 9 000 frs pendant le reste du bail (22).  Un second renouvellement sera consenti par décision du 11 février 1921, moyennant un loyer annuel de 15 000 francs, mais cette délibération sera improuvée par la Députation permanente, au motif que cette délibération méconnaissait le principe de l’adjudication publique (23).
Ensuite de cette décision de la Députation permanente, l’hôtel sera remis en location publique avec insertion d’une « publicité dans les journaux locaux, six grands journaux belges, le Matin de Paris, le Journal, le Daily News, le Nieuwe Rotterdamsche Courant, le Journal des Hôteliers, et l’envoi de circulaires-affiches dans les hôtels de Spa, Bruxelles, Littoral, Hollande et Angleterre ».  Après une seconde séance, un nouveau bail sera finalement conclu avec une société HORESCA, à Liège, dont l’ancien locataire, Monsieur Schoeffter, devenait administrateur, au prix de 23 500 francs (24).
Le rapport présenté le 16 mai 1924 relate que dans le cadre de travaux à entreprendre par le locataire, celui-ci acquit (en 1922 – 1923 ?) un immeuble voisin (sis rue de la Cloche – rue ayant disparu avec la destruction d’un îlot existant alors sur ce qui constitue aujourd’hui la place de l’Ange) ; les travaux projetés impliquant confusion partielle des deux immeubles, la commission racheta cet immeuble à la société Horesca pour le lui redonner en location - moyennant un loyer annuel de 12.000 francs - aux conditions prévues pour l’hôtel, avec prolongation du terme au 31 janvier 1968 (25).  Circonstance de l’époque, cette convention contient une clause de révision du loyer : « Il est stipulé que cette somme de 12.000 frs en monnaie belge sera due en tous cas, ce loyer étant fixé en donnant au dollar une valeur conventionnelle de 25 frs, le prix de la location serait augmenté si la valeur du dollar de New-York, ou de toute autre monnaie étrangère, au moment d’une échéance, était plus que quintuple de sa valeur au pair sur un marché libre.  Dans ce cas, on augmenterait le taux du loyer proportionnellement à l’augmentation de la valeur de cette monnaie au-dessus de l’indice 5 ».  Comprenne néanmoins qui pourra !
Le 20 décembre 1919, la Commission avait décidé la mise en vente de l’hôtel d’Harscamp et des quatre maisons de commerce de la rue Cuvelier.  Cette décision n’avait toutefois pas reçu l’aval de la Députation permanente (cfr. rapports 1920 et 1921).  On sait que finalement sera réalisée en lieu et place la vente de la forêt de Montigny.
Le bail de la société Horesca sera cédé entre le 16 mai et le 18 août 1935 (26), sans que les sources consultées offrent plus de précisions, à Monsieur Peeters, lequel cédera à nouveau le bail à Monsieur Copine en 1954 (rapport présenté le 16 mai 1955).
On lira, dans le rapport présenté à l’assemblée du 12 mai 1967, le refus (27) de la commission d’assistance publique en séance du 25 novembre 1966 de renouveler le bail commercial (de 45 ans et venant à échéance le 31 janvier 1968) du locataire de l’hôtel d’Harscamp, Monsieur Charles Steenhaute, la volonté de la commission étant « de reconstruire l’immeuble, en confiant sans tarder à un organisme spécialisé l’étude des vocations futures de l’immeuble (hôtel, restaurant, magasins, bureaux, parkings ?) ».  Après la libération des lieux loués par Monsieur Steenhaute, l’hôtel d’Harscamp sera loué à la S.A. L’Innovation, qui y installera un secteur de vente durant les travaux exécutés à sa succursale de Namur.  Cette occupation durera du 16 juillet 1969 (rapport du 15 mai 1970) au 30 avril 1974.  Par décision de la Commission d’assistance publique en séance du 27 juin 1974, l’immeuble sera vendu (acte des notaires Michel Pirson et Jean-Pierre Michaux du 11 décembre 1974) à la S.A. Société de Promotion et de Gestion moyennant le prix de 28.750.000 francs.  L’hôtel sera alors démoli pour faire place à un nouveau complexe comprenant galerie commerciale et appartements.
Le prix payé par l’acquéreur sera réinvesti par la Commission dans l’acquisition de la Résidence Saint-Georges, immeuble érigé en 1974 rue Château des Balances 1, comprenant 12 appartements deux chambres (69 m²), 10 appartements une chambre (50 m²), 14 studios (27 m²), une conciergerie (deux chambres - 69 m²) et 31 garages.
Les documents consultés contiennent de nombreuses informations relatives aux différents travaux exécutés à l’hôtel.  En dresser ici l’inventaire dépasserait de loin le cadre de l’objet de ma contribution.  Je ne résiste néanmoins pas au plaisir de rapporter :
- l’installation d’une distribution d’eau (1893),
- l’installation d’une salle de bain (1898),
- l’installation de l’éclairage par l’électricité (1907),
- l’installation d’une chaufferie centrale (1912).
Ils fourmillent également, à travers notamment leurs répercussions sur les contrats en cours, de détails relatifs à la « petite » histoire de l’immeuble ; parmi ceux-ci, je relèverai la réquisition de l’hôtel par l’armée allemande durant la première guerre et par les armées d’abord allemande et ensuite américaine, durant la seconde.

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" Le destin d'Isabelle Brunelle est de ceux où la réalité dépasse la fiction, surtout dans la société d'Ancien régime marquée par des privilèges de castes générant eux-mêmes d'importants revenus matériels.

Cette fille d'artisan a épousé un aristocrate de vieille souche, membre de la noblesse chapitrale des pays-bas méridionaux et de la principauté de Liège, et elle a consacré par son action personnelle le prestige de cette maison bien au delà de son époque."

 

Cécile Douxchamps-Lefèvre

Le testament de la comtesse d'Harscamp prévoit la fondation d'un hosipce appelé Hospice d'Harscamp en mémoire de mon très cher époux destinné à secourir les personnes des deux sexes en nombre égal agées de plus de 60 ans, issues d'une famille dont les père et mère ou les aïeux vivaient dans une honnête opulence et qui se trouveraient sans ressources pour subsister à charge d'en faire la preuve et de celle d'une bonne conduite avant d'être admises.

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