| L’Hospice d’Harscamp |
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L’Hospice d’Harscamp (28) : A défaut de possibilité d’installation dans l’Hôtel d’Harscamp, les exécuteurs testamentaires de la Comtesse d’Harscamp obtinrent la donation, pour l’institution de l’Hospice, du couvent des Récollets.
Extraits de l’Acte de donation du 23 décembre 1807 Par devant moi Nicolas-François Buydens, notaire impérial à la résidence de Namur (…) furent présents les sieurs (…), les dix premiers prêtres, ci-devant religieux du couvent des Récollets de Namur et les six derniers ci-devant frères laïcs dudit couvent (…) et messieurs (…) membres composant la Commission administrative des hospices civils de Namur (…)
Par les premiers comparants il nous a été dit qu’ils transportaient (…) à titre de donation entre vifs, au seconds comparants, en leurs dites qualités et à ce autorisés par le gouvernement, le ci-devant couvent des récollets de Namur, avec jardins et tout ce qui en dépend, sans aucune ni la moindre exception ni réserve, ainsi que l’église annexée audit couvent, de même que tous les effets que ledit couvent et ladite église renferment (…) et ce pour ledit couvent servir à l’établissement que la dame d’Harscamps a fondé en cette ville, déclarant lesdits premiers comparants ne plus se retenir aucun droit audit couvent, église, appendices et dépendances, qui appartiendra en toute propriété dès aujourd’hui et à toujours audit hospice d’Harscamps et ce parmi que chacun des dix premiers comparants jouira, sur la caisse dudit hospice, d’une rente annuelle et viagère de cinq cent francs et que chacun des six autres jouira aussi d’une rente annuelle et viagère de cent soixante-sept francs (…). Les sources consultées nous informent des différents travaux effectués aux bâtiments et dépendances de l’Hospice. Je retiendrai : - en 1858, l’installation de l’éclairage au gaz (29), - les travaux opérés en 1866 :« La ville de Namur, de même que le plus grand nombre de localités du pays, a été visitée par le terrible fléau, le choléra » (30), - l’inauguration, le 15 mai 1872, de la statue érigée dans le parc de l’établissement, à la mémoire de la Fondatrice, - le projet, relaté dans le rapport présenté le 15 mai 1873, sans doute révolutionnaire pour l’époque, mais ajourné pour des raisons financières, de transformation des dortoirs en chambres individuelles (31), - l’installation, en 1908, d’un moteur électrique : on rappellera que les hospitaliers étaient invités à travailler pour le profit de la maison, et le rapport présenté le 17 mai 1909 relate : « Les eaux nécessaires à l’établissement étaient refoulées dans des réservoirs par des pompes à bras, manœuvrées par des pensionnaires, travail très pénible pour ces vieillards. Le pétrin de la boulangerie était actionné à bras aussi par des pensionnaires. Les installations de la buanderie étaient encore toutes primitives : machine à laver trop petite, manœuvrée aussi à la main par des vieillards, l’eau chaude manipulée avec des seaux, travail bien dangereux qui a coûté la vie à une servante en 1906 », - l’installation de l’éclairage électrique, mentionnée dans le rapport présenté le 17 mai 1926 et celle d’un chauffage central, rapportée le 16 mai 1927, - les travaux visant à assurer la protection des pensionnaires en cas d’incendie (rapports présentés les 18 mai 1937 et 16 mai 1938). Le rapport présenté à l’assemblée du 16 mai 1945 contient la relation des évènements du 18 août 1944 : « (…) vers 18 h., la ville de Namur fut l’objectif d’un intense bombardement aérien dont elle devait sortir amputée d’un tiers de ses immeubles et endeuillée par de nombreuses victimes. L’Hospice d’Harscamp, malheureusement, n’échappa pas à cette catastrophe. Des bombes tombèrent en plein sur l’infirmerie, anéantissant complètement cette aile de l’immeuble et, par les déflagrations, endommagèrent gravement le bâtiment d’entrée et ébranlèrent le surplus de l’établissement. Une trentaine de personnes devaient trouver à l’Hospice une mort tragique. Parmi ces victimes, nous devons déplorer le décès de M. le Baron de Thysebaert, membre éminent de cette assemblée, dont le dévouement à la Fondation fut inlassable, et des Révérendes Sœurs Marie des Anges et Marie-Justine, de la Congrégation des Sœurs de la Charité, surprises subitement par la mort, dans l’accomplissement de leur devoir, avec 21 pensionnaires se trouvant dans les bâtiments de l’infirmerie ; deux de leurs consœurs, les Révérendes sœurs Marie-Madeleine et St Bernard, respectivement Supérieure de l’Institut St-Camille et de l’Annexe St-Jacques, en visite à l’Hospice, furent également tuées, à la sortie de la Chapelle ».(32) (33) Dès sa séance du 6 novembre 1944, la Commission d’Assistance publique acte que « l’Hospice ne pourra jamais être modernisé », qu’il « faut le reconstruire ou acheter un immeuble convenable » et qu’« en raison de son état vétuste, les candidats préfèreront se faire héberger dans des établissements pourvus d’un confort moderne ». Après plusieurs années de discussions (34), il sera finalement convenu de construire, sur l’assiette du terrain de l’Hospice, une nouvelle maison de retraite destinée à regrouper l’Hospice d’Harscamp, l’Hospice Saint-Gilles et la Fondation de Villers-Masbourg (rapport présenté le 16 mai 1949). Le rapport présenté le 16 mai 1952 signale que l’avant-projet de construction d’un nouvel hospice a été approuvé par toutes les instances supérieures et en séance du 23 mai 1952, la Commission prononce la désaffectation de l’Hospice d’Harscamp dans le chef de la Fondation d’Harscamp au profit de la Commission d’assistance publique, moyennant versement à la Fondation, à titre de compensation, d’une somme de 5.300.000 francs, comprenant la valeur vénale des immeubles concernés et les droits de dommages de guerre. On notera que cette décision du 23 mai 1952, dans l’énumération des parcelles transférées du patrimoine de la Fondation vers celui de la Commission, laisse inchangée la situation de l’Eglise Notre-Dame et de la « maison du directeur », immeuble sis rue St-Nicolas 4. Ce dernier fut occupé par le directeur de l’Hospice d’Harscamp, jusqu’au départ, le 1er septembre 1926, du directeur de l’époque, M. Douxchamps (35). Il sera ensuite mis en location, et occupé, à dater du 1er octobre 1927 par M. Berhin, qui y restera jusqu’en 1989. L’immeuble sera ensuite occupé par l’a.s.b.l. Gestion-Logement-Namur, avant d’être réaffecté à l’installation de divers services du Centre public d’Action sociale. L’Eglise Notre-Dame, quant à elle, fait actuellement l’objet d’une procédure de désacralisation, en vue de sa reconversion en « Espace culturel ». Il me faudrait encore mentionner, pour dresser l’inventaire du patrimoine immobilier actuel de la Fondation, l’acquisition, en 1993, d’une partie de la Résidence Les Hayettes (36) et celle, en 1995, d’un immeuble sis place l’Ilon 8, mais ma contribution n’épuise ni l’histoire du patrimoine de la Fondation, ni la richesse des éléments relatés dans les rapports destinés à l’assemblée des parents : - d’une part, si j’ai tenté de relater les éléments principaux des principaux éléments du patrimoine immobilier, il reste à tracer l’évolution des avoirs mobiliers de la Fondation, lesquels furent, et sont encore mais dans une mesure largement moindre (37), importants et l’histoire de biens immobiliers moins importants, parmi lesquels figurent notamment ceux qui furent reçus en legs par la Fondation ; - d’autre part, les rapports examinés regorgent d’informations, ignorées dans le cadre de la présente, portant sur l’évolution du nombre de pensionnaires, celle du coût (journalier) de l’hébergement ou encore celle de la situation financière et des résultats des comptes annuels (38). |
Cécile Douxchamps-Lefèvre