| Deux cents ans de rapports de l’institution sociale namuroise à l’assemblée de messieurs les parents de feu Monsieur le Comte d’Harscamp |
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Contribution à l’histoire du patrimoine de la Fondation d’Harscamp - Deux cents ans de rapports de l’institution sociale namuroise à l’assemblée de messieurs les parents de feu Monsieur le Comte d’Harscamp P. BRANDENBOURGER
Alors que le temps dont j’aurais du disposer avant de venir à bout de ce par quoi je décidai d’entamer mes recherches – la relecture des procès-verbaux des assemblées générales depuis la séance d’installation le 24 juin 1812 – dépassait déjà de très loin celui qui était accordé pour la rédaction du présent, le hasard, celui qui a fortune pour synonyme, fit ressurgir des archives du Centre deux pleines caisses de poussiéreux rapports :
Messieurs,
En conformité de l’article 24 du décret impérial du 26 septembre 1811, nous avons l’honneur de vous présenter le compte financier et le compte moral de la Fondation pour l’année (…). C’est par cette formule devenue rituelle que débute le rapport annuel présenté successivement par la Commission administrative des hospices civils de Namur, la Commission d’Assistance publique de Namur, le Centre public d’Aide sociale de Namur et actuellement par le Centre public d’Action sociale de Namur à l’assemblée générale annuelle tenue, conformément aux dispositions testamentaires de la fondatrice, le premier de germinal1. Ayant pu reconstituer une collection quasi-complète de ces rapports depuis la séance du 15 mai 1864, c’est principalement au travers et sur la base des éléments qui y sont relatés que je présenterai dans la suite les lignes maîtresses de l’évolution du patrimoine affecté à la Fondation, conscient cependant des limites résultant de cette manière d’aborder la recherche. Du temps bien sûr, sans doute des recherches approfondies dans les archives du Centre, parmi les minutes des notaires de la province ou les actes d’autorisation des autorités tutélaires, permettront d’en dresser un jour l’histoire complète. Je soussignée Isabelle Brunelle, Veuve de Pontian d’Harscamps, désirant d’opérer des changements à diverses dispositions de volonté dernière, que j’ai faites suivant les circonstances où je me suis trouvée, avant et après la mort de mon très cher époux, arrivée le 12 de floréal An deux de la république française, j’ai résolu de rédiger le présent testament suivant les nouvelles lois, pour y disposer de mes biens, situés tant dans l’intérieur de la France, qu’en pays étranger. (…) Après avoir disposé des objets qui précèdent, je passe aux détails de biens et rentes qui me resteront ainsi que de ma succession mobiliaire, l’ensemble, sans préjudice de ce qui pourrait être omis et des nouvelles acquisitions à faire, étant destinés à deux établissemens pour soulager des malheureux dont on verra ci-après les conditions. Mes bois et autres propriétés foncières à Montigny-Sur-Meuse et communes des environs voulant que les coupes desdits bois restent fixées suivant l’ancien règlement, sans qu’il soit permis en aucun tems de les anticiper. Deux fermes situées à Boing près de Héron avec une maison dite de Prasle, le jardin annexé et diverses rentes qui se perçoivent audit lieu. Une maison à Namur dite l’Hôtel d’Harscamp. Une pièce de terre située en la commune de Noville-Les-Bois, provenant de Lupus Marneffe, contenant onze verges grandes et une petite. Une prairie audit lieu, provenant du même, contenant sept verges grandes et onze petites. Une pièce de terre audit lieu acquise d’Etienne Monceau (?), contenant six verges grandes. Une petite maison audit lieu ci-devant à Marie Joseph Petit. Une pièce de terre nommée Trichon, située à Bierwart, provenant de Richard Thys et de M.C. Helman son épouse, contenant un bonnier, dix verges grandes et douze petites. Une prairie dite Le Prez floquet, située à Bierwart provenant des mêmes Richard Thys et Helman son épouse, contenant quartorze verges grandes et onze petites. Une prairie située en Pontillas et Narmont acquise de Hubert Friat contenant onze verges grandes et dix-huit petites. Rentes restant après les legs acquittés. (suit l’énumération de quarante-trois rentes). Rentes sur des corporations. (suit l’énumération de cinq rentes). Voici maintenant le détail de ma succession mobiliaire. Un capital de 20,000 florins d’Empire qui repose en mains de Messieurs David et Jacob de Neufville, banquiers à Francfort sur le Main, remboursable à ma volonté, et dont ils me payent entretems trois pour cent d’intérêt, ce capital réduit en argent de France porte 42,328 04 24. Un autre de 1,000 florins du Rhin qui sont de même valeur que les florins au cours de Vienne, en Autriche, en mains de Monsieur le Comte G. Etienne Czacky, remboursable à ma volonté, et dont il paie six pour cent d’intérêt ; ce Comte réside en Hongrie, ici en argent de France 2,539 68 30. Et mémoire que j’ai cédé l’usufruit des intérêts de cette somme à Anne-Marie Rabin, qui réside en Hongrie. Il a été placé successivement sur la banque de Vienne, divers fonds qui étaient en Gallicie et autres, formant aujourd’hui un capital de 356,200 florins, au cours de Vienne, avec intérêt de cinq pour cent, mais il faut soustraire 80,000 florins, dont il a été disposé en legs par le présent testament, ainsi il n’en restera que 276,200 florins, argent de Vienne, ici en argent de France 701,460 31 90. Le reste de ma succession mobiliaire ne peut en ce moment-ci s’évaluer, consistant en crédits, actions, arrérages des biens fonds et rentes, or et argent comptant, à retrouver dans mes caisses, vaisselle d’argent, meubles de maison, linge de table et de lit, voitures, chevaux et généralement tous les effets quelconques, à l’exception de mes vêtemens et linges de corps dont je disposerai séparément. Mes exécuteurs testamentaires procureront d’abord la rentrée de mon capital de 20,000 florins d’Empire, sur Messieurs David et Jacob de Neufville, banquiers à Francfort. Il surveilleront pour autant que possible celui de 1,000 florins du Rhin, sur le Comte G. Etienne Czacky, pour le faire rentrer après la mort d’Anne-Marie Rabin. Ils feront vendre au taux du jour à Francfort mes obligations sur la banque de Vienne, payables en or ou argent comptant, dont le prix sera transféré à Namur et remis avec les autres sommes de ma succession mobiliaire. Ils procèderont à la vente de ma vaisselle d’argent, de manière à en tirer le parti le plus avantageux, et ils feront vendre par hausse publique, au plus offrant et dernier enchérisseur, mes meubles de maison, linge de table et de lit, voitures, chevaux et autres effets. Le produit de ces ventes sera joint a l’or et l’argent comptant qui se trouvera dans ma succession par la rentrée de mes capitaux et des arrérages de mes biens fonds et rentes, ainsi qu’à toutes les sommes quelconques à recevoir, et le montant total de ces objets formant ma succession mobiliaire, servira d’abord à en acquitter les charges et dettes, et à fournir à tous frais quelconques pour remplir mes volontés. Après quoi le restant, y joint mes biens fonds et rentes, acquis et à acquérir, dont il n’a pas été disposé par le présent testament, sera employé à l’établissement d’une fondation pieuse à Aix-La-Chapelle, et d’un hospice en la ville de Namur pour servir d’azile à des malheureux (…). Ce qu’il restera ensuite de ma succession immobiliaire et mobiliaire servira, comme dit est, à fonder un hospice en la ville de Namur, et les argents seront placés en acquisition de biens fonds ou de rentes sur le pied de celles prémentionnées, on y joindra tous les biens fonds et rentes de ma succession dont il n’a pas été disposés, et l’ensemble formera la masse des biens à employer, pour établir l’hospice dont il s’agit. Il portera le nom d’Harscamps, en mémoire de mon très cher époux, et sera fondé pour secourir des personnes des deux sexes, en nombre égal, âgées au moins de soixante ans, issues d’une famille, dont les pères et mères ou les ayeux, vivaient dans une honnête opulence, et qui se trouveraient sans ressource pour subsister, à charge d’en faire la preuve, et celle d’une bonne conduite avant que d’être admises. Ma maison dite l’Hôtel d’Harscamps, située sur le marché de l’Ange à Namur, sera destinée au logement des individus qui jouiront de cette fondation pendant le cours de leur vie.
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Cécile Douxchamps-Lefèvre